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France: François Fillon inculpé dans l’affaire des emplois fictifs

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France: François Fillon inculpé dans l’affaire des emplois fictifs

Le candidat de la droite à la présidentielle française, François Fillon, empêtré depuis des semaines dans les soupçons d’emplois fictifs de son épouse et de ses enfants, a été inculpé mardi pour «détournements de fonds publics», à moins de six semaines du premier tour.

L’ancien premier ministre avait lui-même annoncé qu’il était convoqué le 15 mars par les trois juges chargés du dossier. Mais «La mise en examen est intervenue ce matin. L’audition a été avancée pour qu’elle se déroule dans des conditions de sérénité», a déclaré à l’AFP son avocat, Me Antonin Levy.

Le candidat conservateur a été inculpé notamment pour «détournement de fonds publics», «recel et complicité d’abus de biens sociaux» et «manquement aux obligations déclaratives à la Haute autorité pour la transparence de la vie publique», a confirmé à l’AFP une source judiciaire

Les juges ont donc estimé qu’il existait des «indices graves et concordants» après plusieurs semaines d’auditions et de perquisitions déclenchées par des soupçons d’emplois fictifs au bénéfice de son épouse Penelope et de ses enfants.

François Fillon a plusieurs fois dit que cette inculpation – qui intervient à seulement trois jours de la fin du dépôt officiel des parrainages requis pour tous les candidats à l’élection présidentielle – ne le détournerait pas de sa course vers l’Élysée, revenant ainsi sur sa promesse initiale de se retirer en cas d’ennuis judiciaires.

C’est la première fois qu’un candidat majeur sous le coup d’une inculpation va se présenter à l’élection présidentielle française.

M. Fillon qui a dénoncé «une chasse à l’homme» a continué à mener campagne en essayant de recentrer le débat sur son programme politique. Lors d’une rencontre mardi après-midi avec les chasseurs, il a tout juste déploré dans son discours que les «balles volent bas» dans la campagne et affirmé que cela ne lui déplaisait pas d’être «au côté de vrais chasseurs».

L’emploi de son épouse Pénélope comme assistante parlementaire – de 1986 à 2013 avec des interruptions -, révélé fin janvier par l’hebdomadaire satirique Le Canard enchaîné, est au coeur de ce dossier qui focalise depuis des semaines l’attention des médias et de l’opinion, occultant les enjeux du scrutin organisé les 23 avril et 7 mai.

«Désordre»

Si la pratique d’employer des membres de sa famille n’est pas interdite en France, le soupçon d’emploi fictif et les sommes totales en jeu (680 000 euros nets, soit 3600 euros mensuels) issus notamment de deniers publics ont durement écorné l’image du candidat qui s’était présenté en champion de la morale en politique au début de la campagne.

D’autant que des révélations se sont encore succédé ces derniers jours: le Journal du Dimanche a écrit que des factures de plusieurs milliers d’euros de l’homme politique chez un tailleur parisien du groupe de luxe Berluti (LVMH) avaient été réglées par un homme d’affaires à l’identité non révélée.

Mardi, le journal Le Parisien a par ailleurs révélé que les deux enfants de M. Fillon eux aussi employés (entre 2005 et 2007) comme assistants parlementaires par le candidat et également soupçonnés d’emplois fictifs, ont rétrocédé une grande partie de leurs salaires à leurs parents. Ses enfants, Marie et Charles, ont confirmé avoir «remboursé» des fonds avancés à l’une pour son mariage, à l’autre pour son logement.

Depuis le début du feuilleton, le candidat de la droite a subi plusieurs défections – son porte-parole et son directeur de campagne notamment – et sa candidature a été un moment durement remise en cause dans son propre camp avant qu’un rassemblement réunissant plusieurs dizaines de ses partisans à Paris lui permette de reprendre la main.

Son parti, Les Républicains, lui a finalement réitéré un soutien clair la semaine dernière, mais l’affaire continue de le fragiliser. Crédité de 20 % des intentions de vote, derrière la candidate d’extrême droite, Marine Le Pen, en tête avec 27 %, et le centriste Emmanuel Macron du mouvement «En marche» (24 %), selon un sondage publié mardi, M. Fillon serait éliminé à l’issue du premier tour du scrutin.

«Compte tenu du désordre dans cette campagne, les choses se cristalliseront dans les derniers jours, dans la dernière semaine quasiment (…) au moment où les Français ont le sentiment qu’ils ont une responsabilité en mettant un bulletin dans l’urne», a lui-même estimé François Fillon lors d’un débat lundi soir.

Source : AFP

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