France: les appels pro-Macron se multiplient

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Chefs d’entreprise, personnalités de la culture, chercheurs et scientifiques, militants associatifs, grands médias: les tribunes ou pétitions en faveur du candidat du mouvement «En marche» s’enchaînent pour tenter de limiter l’abstention face à la candidate d’extrême droite.

Mardi, c’est le grand quotidien catholique, La Croix qui a pris position, après plusieurs journaux nationaux, en soulignant que «face à ce qui risque d’advenir avec Marine Le Pen, l’abstention ne suffit pas».

Selon les sondages, qui donnent tous une large victoire à M. Macron, l’abstention approcherait les 30% dimanche, bien au-delà des chiffres enregistrés au second tour lors des précédents scrutins présidentiels, mis à part 1969 (31,1%).

S’abstenir, «c’est équivalent à consacrer la moitié de sa voix à soutenir Marine Le Pen, dans l’élection la plus emblématique que la France ait connue depuis plusieurs décennies», insiste le mathématicien Cédric Villani, dans le quotidien de gauche Libération.

Du côté des grands patrons, certains expriment leur «plein soutien» à l’ancien ministre de l’Économie du gouvernement socialiste (2014-2016), comme, dimanche dernier, le PDG du groupe aéronautique européen Airbus, Tom Enders. D’autres (Veolia, Leclerc, Bouygues, Atos…) expliquent tout le mal que représenterait pour eux une victoire de la candidate du Front national (FN) à l’économie du pays.

Les artistes inhabituellement discrets avant le premier tour donnent également de la voix. Les cinéastes Mathieu Kassovitz et Luc Besson, le directeur du célèbre festival d’Avignon, Olivier Py, les responsables des grands théâtres nationaux, le prix Nobel de littérature Jean-Marie Le Clézio, mais aussi chanteurs, humoristes et dessinateurs ont appelé à faire barrage au FN.

Un rassemblement du monde de la culture «contre le FN» doit se tenir mardi soir à Paris. Parmi les rares sportifs, Zinédine Zidane, icône du football français, a appelé à «éviter au maximum» le Front national.

Ces voix s’ajoutent à celles des responsables politiques, syndicaux ou religieux – à l’exception de l’Église catholique- qui, dès le lendemain du premier tour, avaient appelé à choisir M. Macron.

Sa rivale Marine Le Pen qui ne peut se prévaloir que de très rares soutiens s’efforce toujours de convaincre les déçus du premier tour.

«Poison»

Une partie des électeurs du conservateur François Fillon (20,01%) ne veut pas entendre parler du candidat d’«En marche» perçu comme l’héritier du président socialiste François Hollande.

De l’autre côté du spectre politique, la gauche radicale de Jean-Luc Mélenchon (19,58% des voix) doit dire mardi quelle sera son attitude lors du second tour mais son chef de file s’est déjà refusé d’appeler explicitement à voter Macron.

Dans ce contexte, après les votes surprises en faveur de Donald Trump aux États-Unis ou du Brexit en Grande-Bretagne, certains s’inquiètent d’un possible effet contre-productif des appels en faveur d’Emmanuel Macron.

Ils «sont susceptibles de se changer en poison», souligne le quotidien économique Les Échos en rappelant que «plus les grandes voix de la culture et de la politique avaient défendu Hillary Clinton et plus elles avaient, malgré elles, conforté les classes populaires dans le sentiment qu’on les méprisait».

Très offensive depuis le premier tour, Mme Le Pen se présente comme la candidate du peuple face au «système», aux «élites», à «l’oligarchie», «toute une série de personnes qui ont considéré depuis des années que le peuple avait tort».

Pour la première fois en 2017, le FN a reçu l’appui d’un candidat d’une autre formation politique, le souverainiste Nicolas Dupont-Aignan (4,70% des suffrages) qui sera son premier ministre si elle est élue.

Il partageait avec elle, lundi, la tribune de sa grande réunion de l’entre-deux tours en banlieue parisienne, devant plusieurs milliers de personnes. Le discours de Mme Le Pen qui a repris sans le citer et quasiment mot pour mot au moins quatre passages d’un discours de François Fillon a fait couler beaucoup d’encre.

«Ce n’est pas un plagiat» mais un «clin d’oeil assumé, un petit emprunt», a assuré le secrétaire général du FN, Nicolas Bay, à la veille du grand débat télévisé qui opposera les deux candidats mercredi soir, trois jours avant le deuxième tour.

AFP

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