Géorgie: des milliers de manifestants après la mort d’un caméraman

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Des milliers de personnes ont manifesté dimanche en Géorgie pour demander la démission du gouvernement après la mort d’un journaliste, passé à tabac plus tôt cette semaine par des militants d’extrême droite en marge de manifestations contre la communauté LGBT+.

Alexandre Lachkarava, 37 ans, a été retrouvé mort dans son lit dimanche, selon la chaîne TV Pirveli pour laquelle il travaillait. Il avait été violemment passé à tabac lundi en marge de manifestations contre la tenue d’une marche LGBTQ et souffrait de multiples fractures au visage.

Plus de 50 journalistes avaient été attaqués le même jour, alors que la marche initialement prévue dans les rues de la capitale Tbilissi avait finalement été annulée, par crainte pour la sécurité des participants.

Selon un journaliste de l’AFP, environ 8.000 personnes étaient réunies dimanche à 20H00 (16H00 GMT) devant le Parlement, à l’appel d’organisations de défense des droits humain

“Nous demandons la démission immédiate d’Irakli Garibachvili et de son gouvernement qui sont les fers de lance de la violence contre les journalistes”, a déclaré à l’AFP Nika Melia, leader de la principale force d’opposition du pays, le Mouvement national uni (MNU).

Giorgi Svanidze, médecin de 43 ans, a lui affirmé que le parti au pouvoir du Rêve géorgien “cultive le climat de haine dans ce pays – contre les journalistes, les militants des droits, les opposants”.

“Le gouvernement doit partir”, a-t-il ajouté.

L’Union européenne et les Etats-Unis ont condamné ces attaques et appelé à ce que les responsables soient traduits en justice.

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“Laissez-moi réitérer la ferme condamnation de l’UE de toute violence et notre soutien ferme et inébranlable à la liberté de la presse et de réunion”, a déclaré dimanche l’ambassadeur de l’UE en Géorgie, Karl Hertzel, dans un communiqué où il présente aussi ces condoléances pour la mort de M. Lachkarava.

“La sécurité de chaque journaliste géorgien et la crédibilité de la démocratie en Géorgie exigent que chaque individu qui a attaqué des citoyens pacifiques et des journalistes (…) soit identifié, arrêté et poursuivi”, a pour sa part indiqué l’ambassade des Etats-Unis.

– “Passivité coupable” –

Reporters sans Frontières (RSF) a condamné ces attaques, précisant que des journalistes “ont subi des blessures incluant des commotions, des brûlures chimiques et des fractures du bras”.

L’ONG a accusé les autorités de “culpabilité passive” et estimé que la police avait manqué à son devoir de protection envers les journalistes.

Le ministère géorgien de l’Intérieur a assuré dimanche dans un communiqué qu’une enquête avait été ouverte pour déterminer les causes de la mort de M. Lachkarava.

Plusieurs personnalités et dirigeants du monde de la télévision ont eux accusé le gouvernement de M. Garibashvili d’avoir orchestré une violente campagne visant les journalistes.

“Le gouvernement ne se limite pas à encourager la violence contre les journalistes, il est partie prenante de cette violence”, a déclaré à l’AFP le rédacteur en chef de Pirveli, Nodar Meladze.

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“Le gouvernement a mis en place des groupes violents qui s’en prennent aux médias indépendants”, a-t-il assuré, ajoutant que “la police antiémeute cible régulièrement la presse”.

En juin 2019, la police antiémeute avait blessé une quarantaine de journalistes qui couvraient une manifestation antigouvernementale.

Le Premier ministre géorgien est la cible de violentes critiques, tant de la part de l’opposition que de militants des droits de l’homme après avoir pris position contre la tenue de la marche LGBTQ, l’estimant “inacceptable pour une large part de la société”.

Ils reprochent au parti au pouvoir, Rêve Géorgien, d’avoir tacitement soutenu les groupes nationalistes et homophobes qui ont également organisé plusieurs manifestations visant les partis d’opposition pro-Occident.