Grégoire et la baisse de ses revenus : comment il s’organise

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Grégoire est de retour dans les bacs. Le chanteur, découvert par le grand public avec l’énorme carton Toi + Moi en 2008, revient avec un disque proposé uniquement en digital intitulé Expériences composé de titres électro et de chansons en piano-voix. Il a aussi collaboré à la comédie musicale Bernadette de Lourdes. Ces dernières années, ses ventes de disques ont baissé et il a pris conscience des évolutions de l’industrie. Il s’en explique avec franchise.

Comme d’autres artistes, Grégoire a traversé cette période au cours de laquelle le disque physique a connu une chute brutale au profit du streaming et du téléchargement gratuit ou non… Ainsi, d’un premier album vendu à plus d’un million d’exemplaires il est drastiquement tombé dans les profondeurs des classements, son avant-dernier disque intitulé À écouter d’urgence, débutant sa carrière à seulement 3200 copies. Plutôt que de baisser les bras, Grégoire a choisi d’adopter une autre stratégie. “L’idée elle est assez simple, assez logique : le cd va bientôt mourir et le mp3 va bientôt mourir. On va être dans une ère où il y n’aura que le streaming. Et ça a des avantages pour un artiste ! Je sais qui m’écoute, quel âge, quel lieu. Je peux même adapter ma tournée en fonction“, nous a-t-il confié.

Ça rapporte beaucoup moins qu’avant…

Alors que les revenus des artistes ont chuté également, le streaming rapportant peu, Grégoire ne semble pas particulièrement inquiet par ce changement. Il détaille la manière dont il voit les choses. “Ça rapporte beaucoup moins qu’avant… ça dépend. (…) C’est une nouvelle économie, une nouvelle façon de voir les choses. Une écoute sur Spotify, ça rapporte autant qu’une personne qui écoute RTL par exemple. En revanche, quand RTL passe un titre, y en a 5 millions en même temps qui l’écoute. (…) Il faut se rendre compte qu’aujourd’hui, un album, ça n’intéresse plus personne. Ce qu’on dit, c’est que c’est important d’être dans une playlist. Parce que lorsqu’on est dans une playlist, untel va écouter telle chanson et va tomber sur la vôtre. Et quand il va tomber sur la vôtre, il va écouter parce qu’il aime bien et il va écouter d’autres chansons. Avec les algorithmes, au final, on y gagne. Alors oui, ce n’est pas la même économie, mais il faut envisager le métier différemment“, dit-il.

L’alimentaire, ça vient quand vous faites, peut-être, le truc bas de gamme

Conscient qu’il est important d’avoir plusieurs cordes à son arc, Grégoire ne crache pas sur le fait d’envisager de diffuser sa musique sous d’autres formes. “On veut pas voir que tout change, mais ça fait des années que le vent tourne. Il y a de nouvelles économies. Les boîtes de synchro se développent beaucoup plus, c’est-à-dire d’écrire de la musique pour de la pub. Quel artiste aujourd’hui cracherait sur le fait d’être synchronisé avec la pub Apple ? Pas moi ! Ce sont des expériences que de faire de la musique de pubs, de films, faire des chansons… Ce sont des choses différentes et il faut l’envisager différemment. L’alimentaire, ça vient quand vous faites, peut-être, le truc bas de gamme“, ajoute-t-il.

S’il continue de faire sa propre musique, Grégoire s’est donc aussi associé au projet, sur le papier un peu casse-gueule, de la comédie musicale Bernadette de Lourdes. Il a composé les chansons de ce spectacle produit par sa femme Éléonore de Galard et Roberto Ciurleo et sur lequel a aussi collaboré Lionel Florence ou encore Scott Price, arrangeur de Céline Dion. Il se jouera dès le 1er juillet à Lourdes. “C’était une expérience géniale. Il y avait ce postulat qui était qu’on allait le bosser comme à Broadway ou à Londres. Je trouvais le projet hyper ambitieux“, dit-il. Et quid de son rapport à la religion ? “Je ne suis pas pratiquant. Mathématiquement vaut mieux croire parce que, au final, soit il existe et dans ces cas-là vous avez tout gagné et soit il n’existe pas, mais vous aurez quand même passé une vie à essayer de faire le bien autour de vous”, a-t-il ajouté.