Harvey: les eaux continuent de monter au Texas, Houston paralysé

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Le pire des inondations reste à venir au Texas, ont prévenu les autorités américaines lundi, alors que le déluge de la tempête Harvey continue de s’abattre sur la région et notamment sur la métropole de Houston, gorgée d’eau.

L’agence fédérale des situations d’urgence, Fema, a annoncé lundi s’attendre à devoir abriter 30 000 personnes dans des centres d’accueil temporaires. À Houston, quatrième plus grande ville des États-Unis, déjà 5500 personnes étaient dans les centres, et le nombre devrait selon le maire augmenter de façon « exponentielle ».

Des milliers de secouristes sillonnaient la ville pour tenter d’exfiltrer les habitants les plus vulnérables, un travail de fourmi effectué avec de l’eau jusqu’à la taille ou par bateau. Lundi matin, 185 demandes « critiques » de sauvetages restaient sur la liste des forces de l’ordre, après 2000 personnes déjà secourues, selon le chef de la police Art Acevedo.

Les précipitations ont déjà dépassé largement les 50 centimètres depuis jeudi dans le sud-est du Texas. Certains lieux en sont à plus de 70 centimètres. Et des zones pourraient encore recevoir 40 à 50 cm de précipitations cette semaine, selon le service météorologique national.

Le pic des inondations ne devrait donc être atteint que mercredi ou jeudi, a prévenu son directeur, Louis Uccellini, lors d’une conférence de presse à Washington.

« C’est un événement historique. Nous n’avons jamais rien vu de tel », a répété le chef de l’agence Fema, Brock Long. « On n’aurait jamais pu imaginer de telles prévisions ».

L’ouragan Harvey a touché la côte texane dans la nuit de vendredi à samedi avec des vents violents de 215 km/h, et il a presque fait du sur-place depuis. L’ouragan a été rétrogradé en tempête tropicale. Ce sont désormais les pluies torrentielles, et non les vents, qui représentent la plus grande menace.

Les prévisions sont incertaines, mais Harvey devrait se déplacer lentement vers l’est, en suivant la côte, dans les cinq prochains jours, en direction de la Louisiane, où le président Donald Trump a déclaré une situation d’urgence permettant aux autorités fédérales de coordonner les opérations.

Les réservoirs débordent

Les images les plus spectaculaires venaient de Houston, 2,3 millions d’habitants, paralysée par des dizaines de centimètres d’eau. Il y pleuvra encore lundi et mardi, selon la météo.

« C’est dingue de voir les routes sur lesquelles on conduit tous les jours qui sont totalement sous l’eau », dit à l’AFP un habitant, John Travis.

Les lignes des centres de secours 911 sont saturées d’appels, mais la file d’attente pour parler à un opérateur est descendue à 10 personnes, selon un responsable, contre entre 120 et 250 la veille.

« L’eau continue de monter, dans toute la région », a répété le maire Sylvester Turner, lors d’une conférence de presse.

Il y a tellement d’eau que deux réservoirs menacent de déborder, avec une montée du niveau de 15 cm par heure. Le Corps d’ingénieurs de l’armée, qui en a la charge, a donc décidé de relâcher de l’eau dans une rivière afin de contrôler autant que possible la direction des inondations.

Les barrages des réservoirs avaient été conçus pour résister à des inondations n’arrivant qu’une fois par millénaire, a affirmé sur CNN Lars Zetterstrom, de l’US Army Corps of Engineers.

Les ingénieurs de Houston tentaient également de pomper l’eau ayant submergé une station d’épuration des eaux du nord-est de la ville, afin d’empêcher qu’elle ne soit mise hors service.

De nombreuses juridictions interviennent, de la ville à l’État fédéral en passant par l’État du Texas, d’autres villes apportant leur concours en personnel ou en matériel.

Houston manque par exemple de bateaux et de véhicules adaptés pour secourir ses habitants. Le gouverneur du Texas, Greg Abbott, a dit qu’il en fournirait respectivement 150 et 300.

L’agence Fema, qui a quelque 5000 fonctionnaires déployés dans la région, s’attèle aussi à fournir des générateurs électriques afin que des services essentiels tels que les centres d’appels 911 puissent opérer.

Et des forces de l’ordre supplémentaires ont été dépêchées pour assurer la sécurité, en plus des 3000 soldats de la Garde nationale.

C’est le pire ouragan à frapper les États-Unis depuis Katrina, qui avait provoqué une catastrophe humanitaire avec plus de 1800 morts en 2005.

Trump sur place mardi

Le bilan temporaire était de trois morts lundi.

Donald Trump, qui vante depuis plusieurs jours la coordination entre autorités fédérales et locales, doit se rendre sur place mardi.

« Quand l’eau aura baissé, nous nous mettrons à la reconstruction, et cela prendra plus d’un an », a déclaré le gouverneur Greg Abbott sur Fox News.

La question du financement des réparations et de la reconstruction commençait à se poser, notamment parmi les élus du Congrès.

Un parlementaire républicain du New Jersey, ravagé par l’ouragan Sandy en 2012, a d’ailleurs tancé ses collègues du Texas qui avaient à l’époque voté contre une loi dégageant des milliards de dollars d’aide financière.

« Nous devons être solidaires en tant qu’Américains, pas être hypocrites en fonction de la géographie », a écrit Frank LoBiondo sur Twitter.

AFP

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