Harvey Weinstein : Une victime raconte comment elle a été réduite au silence

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Rowena Chiu, l’ancienne assistante de Harvey Weinstein, a raconté dans un documentaire le calvaire que le producteur de cinéma lui avait fait subir. “Le jour où il a été condamné à 23 ans de prison, c’était vindicatif. Il a détruit tant de vies”, a confié cette femme de 45 ans. Harvey Weinstein avait été condamné par la cour suprême de Manhattan le 11 mars dernier pour avoir forcé son assistante Mimi Haleyi à lui faire une fellation et pour avoir violé la coiffeuse Jessica Mann.

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“J’étais en larmes en entendant les témoignages. Elles ont vraiment représenté toutes celles d’entre nous qui n’ont pas pu aller plus loin”, a ajouté Rowena Chiu. Dans la série documentaire Harvey Weinstein: ID Breaking Now, cette ancienne assistante du producteur témoigne, tout comme Rosanna Arquette et le mannequin italien Battilana Gutierrez.

À l’époque âgée de 24 ans, cette employée de Miramax raconte qu’Harvey Weinstein a essayé de la violer en 1998 lors d’une réunion qui s’est éternisée jusque tard dans la nuit, à la Mostra Venise. Elle avait commencé ce nouveau travail à peine deux mois plus tôt et raconte qu’elle devait porter deux paires de collants pour esquiver ses avances. Rowena Chiu explique ensuite qu’Harvey Weinstein l’a poussée sur un lit, en essayant de mettre tout son poids sur elle, mais qu’elle est parvenue à se libérer.

426 000 dollars contre son silence

À l’époque, elle avait raconté les faits à une autre assistante d’Harvey Weinstein, sa collègue Zelda Perkins. Ensemble, elles avaient essayé de lancer une procédure judiciaire contre lui. Le producteur – aujourd’hui derrière les barreaux où il a contracté le Covid-19 – avait engagé des avocats, qui étaient parvenus à leur faire signer un accord de confidentialité à 426 000 dollars, les empêchant d’évoquer cette tentative de viol. C’est là qu’Harvey Weinstein lui aurait dit : “Je m’excuse sincèrement pour la peine que j’ai pu te causer… Parfois, je ne sais pas si c’est consenti. J’essaie d’apprendre.”

“Il y avait un nombre d’années à attendre après avoir signé l’accord de non-divulgation. Ne pas parler a été un fardeau. J’ai essayé de me suicider deux fois dans les trois années qui ont suivi l’accord. Ça a été une lutte difficile, mais, au bout d’un moment, j’ai reconstruit ma vie”, explique aujourd’hui Rowena Chiu, désormais mère au foyer de quatre enfants à Palo Alto (Californie).