Inondations au Japon: au moins 61 morts, pluies record dans le centre

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Des pluies torrentielles ont continué mercredi à s’abattre dans le centre du Japon et les autorités redoutaient au moins 61 morts liés aux inondations et glissements de terrain depuis ce week-end, essentiellement dans le Sud-Ouest du pays.

De vastes zones de Kyushu, la grande île du Sud-Ouest de l’archipel, avaient été submergées dès samedi matin par des pluies torrentielles ayant provoqué de nombreuses inondations et glissements de terrain mortels.

Les intempéries se déplacent désormais plus au Nord. L’Agence météorologique japonaise (JMA) a brièvement placé mercredi en alerte maximale les régions de Gifu et de Nagano, dans le centre montagneux du pays, avant d’abaisser d’un cran le niveau d’alerte. La JMA prévoit encore du mauvais temps dans une large partie du pays jusqu’à vendredi au moins.

Un responsable de la JMA a mis en garde contre le risque d'”un niveau sans précédent” de précipitations par endroits dans le centre. “En particulier dans les zones à haut risques pour les glissements de terrain et les inondations, la possibilité qu’une catastrophe sous une forme ou une autre soit déjà en cours est extrêmement élevée”, a-t-il ajouté.

Plus de 80.000 sauveteurs, dont de nombreux membres des Forces d’autodéfense japonaises, ont été déployés dans les régions dévastées ces derniers jours.

Un responsable de la préfecture de Kumamoto, la plus durement touchée, a déclaré à l’AFP que 55 morts avaient été dénombrés, auxquels s’ajoutent “quatre personnes en arrêt cardio-respiratoire”, expression utilisée par les autorités avant confirmation officielle d’un décès. Deux autres personnes sont mortes à Omuta, également sur l’île de Kyushu.

Ce bilan risque de s’aggraver car une dizaine de personnes restent portées disparues. Les autorités vérifiaient par ailleurs si six autres décès constatés étaient liés aux intempéries.

– “Impuissance totale” –

Sur l’île de Kuyshu, où la pluie avait en grande partie cessé mercredi, les habitants ne pouvaient que constater les importants dégâts et faire le deuil des victimes.

Keisuke Masuda, un habitant de la petite ville d’Hitoyoshi, dans la préfecture de Kumamoto, a décrit à l’agence de presse Jiji son horreur quand une vague venue d’un fleuve en crue a emporté l’un de ses voisins.

“Il a été emporté juste devant moi”, a raconté cet homme de 67 ans. “J’ai été pris d’un sentiment d’impuissance totale”.

Son voisin a tenté de se retenir à un buisson, avant de devoir lâcher prise sous la force du courant, en faisant des signes désespérés à son épouse alors qu’il disparaissait dans le fleuve en furie.

Naomi Nishimura, elle, a perdu ses parents, décédés dans les inondations à Hitoyoshi.

“Ils n’ont pas voulu partir, même quand un voisin est venu pour les inciter à évacuer (…), parce que je leur avais dit que je comptais venir chez eux” ce jour-là, a-t-elle raconté en larmes à la chaîne de télévision japonaise NNN.

Les recommandations d’évacuation ont été levées mercredi pour plusieurs centaines de milliers d’habitants mais près de 900.000 personnes restaient concernées.

Le coronavirus a compliqué les évacuations et réduit la capacité d’accueil des refuges en raison des distances à observer entre les personnes. Selon des médias locaux, certains ont préféré dormir dans leur voiture plutôt que risquer d’être contaminé dans un abri.

Le Japon a été relativement épargné par la pandémie, avec 20.000 cas et moins d’un millier de décès.

Le pays est au milieu de la saison annuelle des pluies, intensifiées selon des experts avec le changement climatique. En 2018, plus de 200 personnes étaient mortes dans de terribles inondations dans l’Ouest du Japon.

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