Irak: accord politique pour en finir avec la contestation (responsables)

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Les principales forces politiques irakiennes se sont accordées pour maintenir les autorités en place et en finir avec la contestation, quitte à recourir à la force, ont indiqué samedi sous le couvert de l’anonymat deux hauts responsables politiques à l’AFP.

Selon l’un d’eux, cet accord est intervenu après des réunions à Najaf, ville sainte chiite du Sud, sous l’égide du général Qassem Soleimani, commandant des forces chargées des opérations extérieures de l’armée idéologique iranienne.

L’Iran, puissance régionale très influente chez son voisin, concentre la colère des manifestants qui s’en sont pris à son consulat à Kerbala (sud) et conspuent le général Qassem Soleimani en place publique.

Après trois semaines d’un mouvement de contestation inédit paralysant ces derniers jours une partie du pays, les principaux blocs politiques ont finalement décidé de conserver au pouvoir le Premier ministre Adel Abdel Mahdi, un temps sur la sellette.

Ceux qui avaient poussé à son départ, en tête desquels le versatile leader chiite Moqtada Sadr, ont récemment fait volte-face.

“Les forces politiques se sont mises d’accord pour maintenir le Premier ministre Adel Abdel Mahdi et conserver le pouvoir tout en concédant des réformes, notamment dans la lutte contre la corruption, et des amendements constitutionnels”, détaille un des responsables sous le couvert de l’anonymat.

Surtout, ces forces ont donné carte blanche au gouvernement pour “mettre fin aux manifestations par tous les moyens”, ajoute-t-il.

Le général Soleimani a notamment rencontré Moqtada Sadr –qui avait dans un premier temps pris le parti des manifestants–, et le fils du grand ayatollah Ali Sistani, plus haute autorité chiite d’Irak, Mohammed Reda Sistani, explique à l’AFP le second responsable.

Il a obtenu d’eux “qu’ils conservent leur soutien à Adel Abdel Mahdi”, poursuit-il.

Cet accord pourrait se traduire en actes lors d’une nouvelle séance prévue dans l’après-midi au Parlement, jusqu’ici paralysé par les divisions entre blocs parlementaires.

Depuis le 1er octobre, près de 300 personnes, en majorité des manifestants, ont été tuées et plus de 12.000 autres blessées dans des violences et lors d’un mouvement de contestation, inédit par son caractère spontané, son ampleur et sa longévité.

Les manifestants, eux, continuent de réclamer une refonte du système politique en place depuis la chute il y a 16 ans du dictateur Saddam Hussein et un renouvellement total de la classe politique inchangée depuis.

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