Iran: le président uaconservateur Raïssi va prêter serment devant le Parlement

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Le nouveau président iranien, le religieux et ultraconservateur Ebrahim Raïssi, va prêter serment jeudi devant le Parlement et tenter pendant son mandat de quatre ans de redresser une économie minée par les sanctions américaines et la crise sanitaire.

Vainqueur de la présidentielle de juin marquée par une abstention record, M. Raïssi a succédé au modéré Hassan Rohani, qui avait conclu en 2015 un accord sur le nucléaire iranien avec les grandes puissances, après des années de tensions.

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Ancien chef de l’Autorité judiciaire, M. Raïssi a pris ses fonctions mardi, après l’approbation de son élection par le guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei.

“Nous chercherons certainement à obtenir la levée des sanctions oppressives, mais nous ne lierons pas les conditions de vie de la nation à la volonté des étrangers”, a prévenu le nouveau président dans son discours d’investiture.

M. Raïssi faisait allusion aux sanctions punitives imposées à Téhéran par Washington après le retrait des Etats-Unis, en 2018, de l’accord sur le nucléaire iranien, qui ont plongé le pays dans une violente crise économique et sociale.

Le chef de du gouvernement doit prêter serment à 17H00 (12H30 GMT) devant le Parlement et présenter ses candidats à des postes ministériels, selon les médias locaux, sans attendre le délai de deux semaines établi par la loi iranienne.

Plusieurs responsables et représentants étrangers ont été invités à participer à la prestation de serment, notamment le président de l’Irak et les chefs du Parlement de la Syrie, de l’Ouzbékistan, du Tadjikistan, de la Tanzanie et du Niger, selon les médias officiels.

Des représentants de l’Union européenne, notamment Enrique Mora, diplomate de l’UE qui chapeaute les discussions sur le nucléaire iranien à Vienne, doivent assister à la cérémonie, selon les médias iraniens.

“Nous estimons que la situation économique n’est pas favorable pour le peuple, à la fois en raison de l’inimitié des ennemis et en raison des lacunes et des problèmes à l’intérieur du pays”, a reconnu M. Raïssi après sa prise de fonctions.

– “Multiples épreuves” –

Le nouveau chef de l’exécutif a présidé mercredi une réunion avec les responsables de lutte contre le virus, et une autre en présence des ministres de l’ancien gouvernement, selon le site de la présidence iranienne.

Au lendemain de son intronisation, la photo de M. Raïssi figurait à la une de la quasi-totalité des journaux iraniens.

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Au cours de son mandat, M. Raïssi sera “confronté à de multiples épreuves en raison du nombre élevé de problèmes” notamment “une inflation sans précédent”, “les prix vertigineux du logement”, la “récession” et la “corruption”, a égrené l’éditorialiste du journal ultraconservateur Kayhan.

De son côté, le journal réformateur Sharq a émis l’espoir que “les jeux politiques laissent la place à de saines rivalités intellectuelles” et que “des voix diverses” soient audibles au sein du nouveau gouvernement.

“Cela ne sera possible que par la promotion de la liberté de la presse et des médias et une grande tolérance de la part des membres du gouvernement”, a souligné le journal.

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Le quotidien ultraconservateur Javan a lui appelé le nouveau gouvernement à “mettre en œuvre des projets spécifiques pour résoudre les problèmes urgents et prioritaires”, afin de “résoudre en grande partie les préoccupations du moment de la population”.

Ainsi, “la satisfaction de besoins importants tels que l’eau et l’électricité, les produits de base et la vaccination” de la population iranienne figurent parmi les problèmes à résoudre “à court terme”, selon le journal.

L’Iran peine à freiner la crise du Covid-19 qui frappe de plein fouet le pays de 83 millions d’habitants, Etat du Proche et du Moyen-Orient le plus touché par la pandémie. Le seuil symbolique de quatre millions de contaminations a été franchi mercredi avec près de 40.000 cas en 24h, nouveau record pour la troisième journée d’affilée.