Iran: lieu saint fermé en raison du virus, le bilan grimpe

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Le coeur du premier lieu saint chiite d’Iran est fermé jusqu’à nouvel ordre à cause de l’épidémie de Covid-19 face à laquelle les autorités ont appelé dimanche la population à rester à la maison alors que les décès se multiplient.

Le ministère de la Santé a annoncé le décès de 113 patients souffrant de la maladie, soit la plus forte progression quotidienne du nombre de morts depuis le début de l’épidémie.

Le bilan officiel s’élève désormais à 724 morts, sur un total de 13.938 personnes infectées, ce qui fait de l’Iran un des pays les plus touchés au monde. Les autorités disent avoir enregistré 1.209 nouveaux cas de contamination aux cours des dernières 24 heures.

Les habitants devraient “annuler tous [leurs] voyages et rester chez {eux] de sorte que nous puissions voir la situation s’améliorer”, a déclaré le porte-parole du ministère de la Santé, Kianouche Jahanpour en révélant ces chiffres.

Conformément aux directives du gouvernement pour lutter contre l’épidémie, les responsables du mausolée de l’Imam-Réza à Machhad, première ville sainte chiite d’Iran, dans le Nord-Est du pays, ont fermé aux pèlerins le coeur du sanctuaire.

“Les portiques du mausolée et de manière générale tous les espaces couverts du sanctuaire sacré (ce qui inclut la tombe de l’imam Réza, NDLR) sont fermés”, a indiqué à l’AFP un porte-parole du lieu saint.

Le responsable a précisé que les prières collectives ne se tenaient plus désormais que “dans les espaces ouverts et des cours du mausolée”, à quelques jours de Norouz (le Nouvel An iranien, cette année le 20 mars), traditionnellement occasion d’un important rassemblement au sanctuaire.

– “Situation inquiétante” –

Machhad est la capitale du Khorassan-é Razavi, province ayant enregistré le plus de nouveaux cas de contamination depuis samedi (143), après celle de Téhéran (251), selon les derniers chiffres officiels.

“Le nombre de personnes infectées va probablement augmenter dans cette région”, a indiqué M. Jahanpour, appelant les Iraniens à cesser de voyager vers les provinces du Nord-Est.

Les autorités locales ont pris des arrêtés de fermeture des hôtels et autres lieux d’hébergement afin de dissuader la population d’y voyager, selon l’agence semi-officielle Isna.

Mohammadréza Kalaï, le maire de Machhad a jugé samedi que “la situation à Machhad (était) devenue grave et inquiétante”, et exhorté les autorités nationales à mettre la ville en quarantaine.

A Téhéran, M. Jahanpour a demandé aux Iraniens de “prendre le coronavirus au sérieux”, et à porter une attention toute particulière aux personnes âgées, les plus vulnérables.

Alors que la capitale a des allures de ville morte depuis plusieurs jours, la télévision d’Etat a diffusé des images présentées comme tournées dans une succursale bancaire assaillie par des clients. Le responsable d’agence les exhorte à effectuer leurs transactions en ligne.

Les autorités avaient annoncé vendredi que les forces armées allaient se déployer sous 24 heures pour disperser tout attroupement et contrôler la santé des gens s’aventurant dehors.

– “Pas de quarantaine” –

Aucun signe d’une telle opération n’a été constaté par les journalistes de l’AFP à Téhéran, et les médias iraniens n’ont publié aucune information laissant entendre un tel déploiement ailleurs.

Dans la capitale, en revanche, des membres du Bassidj (volontaires musulmans loyalistes) ont été vus en train de distribuer des kits de protection à la sortie d’une station de métro du centre-ville.

Plusieurs députés, responsables gouvernementaux, ou anciens officiels ont été touchés par la maladie, et certains en sont morts.

Dernière figure contaminée, selon la presse : l’ayatollah Hachem Bathayi Golpayégani, membre de l’Assemblée des experts, institution chargée notamment de nommer le guide suprême.

De son côté, le président Hassan Rohani a démenti une rumeur selon laquelle les autorités s’apprêteraient à placer des villes en quarantaine.

Cela n’arrivera “ni aujourd’hui, ni pour Norouz, ni avant, ni après : il n’y a pas de quarantaine, toutes les entreprises sont libres et les services gouvernementaux seront maintenus”, a-t-il assuré.

Le président a également annoncé des mesures destinées à atténuer la pression sur les entreprises, notamment une allongement des délais pour payer impôts, échéances de prêts ou factures.

Les autorités ont d’autre part annoncé dimanche que le deuxième tour des législatives, prévu le 17 avril, était reporté au 11 septembre. Seules 11 circonscriptions sont concernées. Le premier tour, le 21 février, a été marqué par une large victoire des conservateurs.

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