Isabelle Adjani évoque ses changements de silhouette : “Je suis humaine !”

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Sur scène comme à l’écran, elle séduit les spectateurs depuis le début des années 1970. Isabelle Adjani a été découverte à l’âge de 15 ans, dans Le Petit Bougnat de Bernard Toublanc-Michel. Depuis, le public ne peut simplement plus se passer d’elle. Mais fatalement, un métier d’image tel que le sien implique un rapport compliqué avec son propre corps, et la comédienne est perpétuellement scrutée, comparée. “Des moments de lâcher-prise, j’en ai eu plusieurs tout au long de ma vie, et ce depuis l’adolescence, explique-t-elle dans les colonnes de Paris Match. Toujours à des périodes critiques.

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Il a parfois été reproché à Isabelle Adjani de changer de silhouette alors qu’elle n’est qu’humaine. La comédienne a également eu deux enfants – Barnabé Nuytten et Gabriel Kane Day-Lewis. Elle se félicite donc de voir que les choses pourraient bien changer. “Les normes esthétiques se cassent un peu la gueule, constate-t-elle. Tant mieux ! Grâce à des femmes combatives qui mettent tout leur poids pour que la priorité soit le bien-être plutôt que le bien-paraître. Cela dit, dans la balance subsistent encore des déchèteries comme la télé-réalité à la Kardashian qui nous infecte, la maladie du selfie sans défaut, cette dysmorphie qui pousse nos jeunes gens à fabriquer l’image qu’ils ont de leur tête et de leur corps.

Isabelle Adjani s’est rendue, du 28 août au 2 septembre 2020, au Festival du film francophone d’Angoulême. C’est là-bas, en Nouvelle-Aquitaine, qu’elle a soutenu son dernier projet cinématographique, le nouveau film de Yamina Benguigui intitulé Soeurs – prochainement en salles. Durant sa carrière, la comédienne a lutté comme elle l’a pu contre les stéréotypes, les diktats imposés par notre société. “En ce qui me concerne, j’ai tourné deux films, La Journée de la jupe et Carole Matthieu, où j’assumais un physique particulièrement désavantageux, se souvient l’actrice. À cette occasion, je me suis même imposé d’imprudentes apparitions publiques, manière pour moi de dire : ‘Et puis merde ! Je m’en fous, je suis humaine, je suis une femme libre’. C’était oublier qu’être actrice, c’est tout sauf être une femme libre…

Retrouvez l’interview d’Isabelle Adjani dans le magazine Paris Match, n° 3722 du 3 septembre 2020.