Italie: l’extrême droite et la gauche au coude-à-coude en Toscane, bastion rouge

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L’extrême droite italienne était lundi au coude-à-coude avec la gauche aux élections régionales en Toscane, bastion “rouge” dont la perte ébranlerait le gouvernement de Giuseppe Conte sans forcément le faire tomber.

Le candidat de la gauche dans cette région du centre-ouest de l’Italie, Eugenio Giani, est crédité de 41 à 45% des votes, contre 38 à 42% à Susanna Ceccardi, la candidate de la Ligue (extrême droite) de Matteo Salvini, avec une marge d’erreur de 3,1%, selon un sondage à la sortie des urnes.

Par ailleurs, le référendum sur la réduction du nombre de parlementaires semblait s’acheminer vers une victoire tranquille, avec 60 à 64% de oui, selon un autre sondage à la sortie des urnes.

Les électeurs ont voté de dimanche matin à lundi 15h00 (13h00 GMT) en suivant de stricts protocoles de sécurité, dans ce pays où la prévalence du coronavirus remonte depuis sept semaines.

Six régions – quatre à gauche (Toscane, Campanie, Pouilles et Marches), deux à droite (Ligurie et Vénétie) – doivent élire de nouveaux présidents.

Le score gauche-droite à l’issue des résultats régionaux, annoncés lundi soir, ne manquera pas d’être agité sous le nez du gouvernement de Giuseppe Conte, coalition formée voici un an entre le Mouvement 5 Etoiles (M5S) et le Parti démocrate (PD, centre gauche). Sans toutefois impliquer une chute du gouvernement actuel, qui doit s’atteler à présenter un plan de relance à Bruxelles.

Jouissant de candidats uniques, un front centre droit-extrême droite a des chances sérieuses de s’emparer de régions à gauche.

– “Les temps ont changé” –

Un scénario catastrophe pour le gouvernement serait que la droite gagne trois des quatre régions actuellement à gauche, la Campanie restant à gauche selon les sondages à la sortie des urnes de lundi. La droite dirige déjà 13 régions italiennes et la gauche six.

La victoire du “oui” au référendum national sur la réduction du nombre de parlementaires, promesse électorale du M5S, ne manquera pas de renforcer ce dernier.

Le nombre des parlementaires passera de 945 à 600. Aujourd’hui, l’Italie a le deuxième parlement le plus fourni en Europe, derrière celui du Royaume-Uni (environ 1.400), et devant la France (925).

Reste que ce sont peut-être les régionales qui pourraient modifier plus encore le paysage politique.

Choisie pour tenter de s’emparer de ce bastion de la gauche qu’est la Toscane: Susanna Ceccardi, une eurodéputée de 33 ans de la Ligue. Face à elle, le Toscan Matteo Renzi, ex-chef d’un gouvernement de gauche, a imposé son candidat du cru, Eugenio Giani (étiquette PD/Italia Viva de M. Renzi).

Une défaite en Toscane, jusqu’ici peu encline à répondre aux sirènes populistes, serait fâcheuse aussi pour l’avenir du président du PD, Nicola Zingaretti, soulignent les analystes.

“Les temps ont changé. La gauche a négligé sa propre histoire, ses racines, sa base”, estime Roberto Bianchi, un professeur d’histoire contemporaine à l’Université de Florence. La droite a mené l’offensive sur le terrain ces dernières années pour s’emparer de villes moyennes toscanes.

“Choisissez le changement”, clame avec un grand sourire sur ses affiches Susanna Ceccardi, qui avait remporté une mairie voici quatre ans pour la Ligue.

– Concours à l’extrême droite –

Les élections régionales risquent aussi de se transformer en concours de popularité chez les ténors de l’extrême droite.

Ce sont en effet des candidats de Fratelli d’Italia qui ont été choisis par la droite pour mener l’assaut dans les Marches et dans les Pouilles.

Francesco Acquaroli, critiqué l’an dernier pour avoir participé à un dîner de nostalgiques de Mussolini, brigue une région des Marches qui n’a jamais été à droite.

Dans les Pouilles, Raffaele Fitto, un eurodéputé de Fratelli d’Italia, fut déjà président de la région voici 15 ans. Il est au coude-à-coude avec le président sortant de gauche Michele Emiliano.

En cas de double victoire, la cheffe du parti Giorgia Meloni, qui a fortement progressé cet été dans les sondages, ne manquerait pas de faire de l’ombre à son rival du Nord Matteo Salvini.

Un score fracassant pour un troisième mandat en Vénétie de son populaire président léguiste Luca Zaia aurait le même effet. Et les premiers sondages à la sortie des urnes donnent un avantage abyssal à M. Zaia sur ses concurrents, avec plus de 70% de voix.

La droite devrait a priori conserver aussi la Ligurie, la seule région où M5S et PD ont pourtant réussi à faire alliance sur un candidat.

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