James Cromwell (Babe) arrêté sur le campus de Texas A&M

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Bientôt 25 ans après avoir ému petits et grands dans Babe, James Cromwell est toujours l’ami des bêtes et paye de sa personne pour leur cause. Le formidable acteur américain de 79 ans, toujours remarquable au petit (American Horror Story: Asylum, The Young Pope) comme au grand écran (Jurassic World: Fallen Kingdom), est de notoriété public un homme de convictions. Parmi ses combats (pour les droits civiques, pour l’environnement), la cause animale occupe une place prépondérante. Il l’a encore démontré, arrêté jeudi 31 octobre 2019 lors d’une manifestation organisée par l’association PETA pour protester contre les expérimentations sur les animaux.

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Il est temps de rendre leur liberté à ces chiens

Végétarien depuis… 1974, après avoir été traumatisé par le spectacle des bêtes partant à l’abattoir, puis vegan depuis son rôle culte du fermier Arthur Hoggett dans Babe, James Cromwell est engagé de longue date dans les rangs de l’organisme phare de la protection des animaux et de la lutte contre les traitements cruels qui leur sont infligés. Cette semaine, c’est contre les essais cliniques pratiqués sur des chiens que ses partisans se sont mobilisés au campus de l’Université A&M Texas, à College Station, afin de réclamer la fermeture d’un laboratoire coupable de ces expérimentations. L’action coup de poing avait lieu de manière opportune pendant le conseil d’administration de la faculté, l’une des plus importantes des Etats-Unis.

Texas A&M continue de torturer des golden retriever et d’autres chiens bien que des décennies de ces expérimentations n’aient pas permis de trouver un traitement pour les humaines souffrant de dystrophie musculaire, s’est révolté l’acteur vétéran et activiste indomptable dans un communiqué diffusé par PETA. Il est temps de rendre leur liberté à ces chiens. Mes amis de la PETA et moi-même voulons les placer dans de bons foyers où ils pourront vivre le reste de leur vie paisiblement.” L’association a précisé que si la faculté a bien arrêté en septembre d’élever des chiens en vue de ces expériences cliniques, elle continue néanmoins de les pratiquer.

Inculpé de “trouble à l’ordre public” et écroué à la prison du comté de Brazos, James Cromwell a été relâché après le paiement d’une caution de 5 000 dollars.

Un sacré pédigrée

En 2013, le géant (il mesure deux mètres) originaire de Los Angeles et élevé à Manhattan avait mené une action similaire, interrompant un conseil d’administration de l’université du Wisconsin-Madison pour protester contre des recherches en laboratoire sur la surdité pratiqués sur divers animaux. Particulièrement ému par le sort des cochons, Cromwell, père de trois enfants de son premier mariage et marié en troisièmes noces (avec Anna Stuart) depuis 2014, s’était aussi mobilisé en 2017 pour dénoncer le traitement cruel infligé aux orques du parc SeaWorld de San Diego et avait été arrêté, quelques semaines après avoir été condamné la même année à une peine de prison d’une semaine pour une manifestation contre une centrale électrique en 2015. Il avait alors délibérément choisi d’être incarcéré plutôt que de payer l’amende de 375 euros qui aurait pu lui éviter d’aller en prison.

L’université A&M a exercé son droit de réponse pour défendre ses pratiques, expliquant que la législation américaine impose que les traitements médicamenteux soient testés sur les animaux avant d’être utilisés pour les hommes. “Malheureusement, dit le communiqué de l’établissement, il n’existe à ce jour aucune alternative fiable aux recherches sur les animaux (…) Tant qu’on ne teste pas un médicament sur un être vivant – un organisme qui respire -, on ignore son potentiel. Personne ne veut qu’un enfant soit le premier à tester un médicament. (…) Les chiens sont un bon élément de comparaison en matière de recherches sur la santé des gens. Texas A&M attend le jour où les animaux ne seront plus nécessaires à la recherche, mais pour le moment c’est essentiel pour trouver des traitements à certaines maladies. (…) Les chiens sont protégés par des lois et des règlements qui leur assurent un traitement humain.

En 2018, le rockeur Nikki Sixx avait jeté un pavé dans la mare en envoyant un courrier au doyen de la faculté pour l’exhorter à cesser les recherches sur les chiens. L’établissement avait répondu en indiquant que les tests pratiqués sur les chiens se déroulaient sous anesthésie, duraient moins de 20 minutes et n’étaient effectués que deux à trois fois au cours de leur vie, insistant par ailleurs sur l’amour qu’ils recevaient de leur naissance à leur mort, sur l’attention constante et sur leurs conditions de vie et de jeu.

Au rayon “manifestations de stars”, il faut s’attendre ce vendredi 1er novembre à voir Jane Fonda battre le pavé pacifiquement une fois de plus devant le Capitole à Washington : l’actrice, qui manifeste pour faire pression sur les décideurs politiques face à l’urgence du changement climatique, a été arrêtée trois fois en trois semaines et a promis de continuer à se mobiliser chaque vendredi jusqu’à la fin de l’année.