Japon: jeu de chaises musicales dans le gouvernement Abe

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Le ministre de la revitalisation économique passe aux Affaires étrangères, le chef de la diplomatie à la Défense, un jeune loup populaire de 38 ans fait son entrée: le Premier ministre japonais Shinzo Abe a remanié mercredi son gouvernement.

La devise de cette énième refonte: “stabilité et défi”.

Le premier terme de ce slogan correspond au maintien de la colonne vertébrale formée par les vétérans Taro Aso, reconduit aux Finances, et le secrétaire général du gouvernement, Yoshihide Suga, qui reste à ce poste et assure aussi la fonction de porte-parole de l’exécutif.

Ils sont là depuis le retour de M. Abe au pouvoir fin 2012.

Celui qui était aux Affaires étrangères, Taro Kono, passe à la Défense, ce qui peut être interprété comme un signe du soutien de M. Abe à sa fermeté dans la récente escalade de querelles avec la Corée du Sud.

Toshimitsu Motegi, l’homme au coeur des négociations commerciales avec les Etats-Unis après la sortie de ceux-ci de l’accord multilatéral transpacifique (TPP), change de casquette.

Il laisse celle de la revitalisation économique pour celle de la diplomatie, une récompense, alors que Tokyo et Washington sont censés annoncer prochainement la conclusion d’une entente commerciale.

Le poste des Affaires étrangères est cependant des plus sensibles compte tenu des relations tendues avec la Corée du Sud, des différends territoriaux avec la Chine ou la Russie, sans compter les coups de boutoir de l’allié américain et les tergiversations de la Corée du Nord avec son programme nucléaire.

– L’après-Abe –

Le côté “défi” de ce nouveau gouvernement se trouve quant à lui dans un coup médiatique: la nomination d’une figure populaire, Shinjiro Koizumi, fils de l’ex-Premier ministre Junichiro Koizumi.

A 38 ans, M. Koizumi, qui hérite du portefeuille de l’Environnement, est le troisième plus jeune ministre nommé au Japon depuis la fin de la guerre.

C’est la figure montante, le personnage qui fait vibrer les médias tant par son côté beau-gosse et “people” que trublion.

On l’a vu récemment défrayer la chronique en allant annoncer au Premier ministre son mariage avec une populaire animatrice franco-japonaise. Mais il n’avait pas soutenu M. Abe lors d’une élection interne au Parti Libéral-démocrate (PLD) présidé par le premier, lui préférant son principal rival.

Les femmes, elles, ne sont que deux (Sanae Takaichi aux Affaires intérieures et Seiko Hashimoto aux jeux Olympiques), même si M. Abe continue de dire qu’il veut une société où “brille” la gent féminine.

Les médias japonais spéculent déjà sur le nom du possible successeur de M. Abe à la tête du gouvernement, l’actuel Premier ministre devant en théorie quitter son poste en 2021.

“Abe cherche à lancer la course pour le prochain et peut-être même celui d’après”, analyse Yoshimasa Maruyama, économiste de SMBC Nikko Securities.

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