Japon: qui pour succéder à Yoshihide Suga?

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En renonçant vendredi à briguer un nouveau mandat à la tête du Parti libéral-démocrate (PLD), Yoshihide Suga laisse la voie libre à plusieurs prétendants potentiels pour lui succéder en tant que Premier ministre du Japon.

Voici une sélection par l’AFP de prétendants potentiels ou déjà confirmés pour l’élection interne du PLD le 29 septembre, dont le vainqueur mènera la principale formation politique du pays aux élections législatives cet automne.

– Fumio Kishida, le modéré –

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Agé de 64 ans, Fumio Kishida a été le premier et pour l’instant le seul à annoncer officiellement sa candidature pour la présidence du PLD, dès le 26 août.

Cet ancien ministre des Affaires étrangères (2012-2017), jadis favori du Premier ministre d’alors Shinzo Abe mais perçu comme peu charismatique, avait déjà tenté sa chance lors de la dernière élection interne du PLD il y a un an qui a finalement vu le triomphe de M. Suga.

Sa longue expérience gouvernementale et son statut de “modéré” au sein du PLD font de lui le favori du scrutin du 29 septembre, selon Tomoaki Iwai, un professeur en sciences politiques de l’université Nihon de Tokyo interrogé vendredi par l’AFP.

Ancien banquier, M. Kishida a récemment promis un nouveau plan de relance budgétaire massif s’il devenait Premier ministre, pour accélérer la reprise économique du Japon, actuellement très poussive à cause de la persistance de la pandémie.

– Taro Kono, l’as de la com’ –

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Ancien ministre des Affaires étrangères (2017-2019), de la Défense (2019-2020) et actuellement de la Réforme administrative, Taro Kono, 58 ans, est un utilisateur enthousiaste de Twitter, et son compte en japonais est suivi par 2,3 millions d’abonnés, un record pour une personnalité politique du pays.

Diplômé de la prestigieuse université américaine de Georgetown, il est très à l’aise en anglais, une rareté dans le monde politique japonais.

Les milieux économiques l’apprécient, tout comme l’opinion publique, en particulier les jeunes générations qui approuvent ses efforts pour accélérer la transformation numérique de l’administration japonaise.

Il est également le pilote de la campagne nationale de vaccination. Celle-ci a démarré très prudemment, avant d’accélérer depuis quelques mois: 47,5% de la population du pays est totalement vaccinée à ce jour.

L’ambitieux ministre a évité ces dernières années d’évoquer publiquement son opposition à l’énergie nucléaire, dont le gouvernement soutient la relance malgré l’accident de Fukushima en 2011.

– Shigeru Ishiba, le populiste –

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Ancien ministre de la Défense (2007-2008) et spécialiste des questions militaires, Shigeru Ishiba a occupé d’autres portefeuilles par la suite et a été le secrétaire général du PLD entre 2012 et 2014.

La langue bien pendue de cet ancien banquier de 64 ans l’a rendu populaire dans l’opinion publique, mais il ne l’est pas autant au sein de son propre parti, où certains n’apprécient guère ses fréquents retournements de veste et ses déclarations à l’emporte-pièce.

Comme M. Kishida, M. Ishiba était candidat lors de la précédente élection interne du PLD en septembre 2020.

– Des surprises? –

Sanae Takaichi, ancienne ministre des Affaires intérieures et des Communications (2019-2020) âgée de 60 ans, est l’une des rares femmes politiques de premier plan au Japon mais ses positions ultra-nationalistes et proches de la mouvance révisionniste japonaise en font une personnalité très clivante au sein même du PLD.

Seiko Noda (61 ans), une autre femme qui avait occupé le même portefeuille que Mme Takaichi entre 2017 et 2018, souhaiterait se présenter selon la chaîne NHK mais ses chances de succès apparaissent très minces, tout comme celles de Hakubun Shimomura, un autre ancien ministre sous Shinzo Abe âgé de 67 ans.

Quant à Shinzo Abe lui-même (66 ans), ni le PLD ni l’opinion publique ne semblent favorables à son éventuel retour sur le devant de la scène.