JO-2020/Basket: les Français valaient pourtant de l’or face aux Américains…

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Si près si loin… Les basketteurs français rêvaient d’un premier sacre olympique, mais les Américains de Kevin Durant, impérial, ont eu le dernier mot (87-82) aux Jeux de Tokyo, samedi, et se sont parés d’or pour la quatrième fois d’affilée.

Rudy Gobert était inconsolable, en larmes, après le buzzer qui a délivré des Américains, devant au score quasiment tout le match, mais contestés jusqu’au bout par des Bleus bagarreurs, généreux, mais au final un tantinet trop maladroits pour renverser la situation.

Le meilleur Français sur le parquet (16 pts, 8 rbds) s’est aussitôt ressaisi au micro de France Télévisions, livrant son analyse: “Ce sont des petits détails, il y a des moments où on a perdu notre concentration on leur a donné trop de choses faciles. Il y a ces petites périodes où on leur donne des rebonds, des contre-attaques faciles, c’est ce qui nous coûte le match”.

Battues par la France lors de leurs deux dernières confrontations, en quart de finale du Mondial-2019 et en début de tournoi en phase de groupe, Team USA et son armada de stars NBA ont néanmoins dû s’employer.

S’il avaient mis une période pour se mettre en mode rouleau-compresseur et écarter sans ménagement l’Espagne en quarts, puis l’Australie en demie, les Américains n’ont pas attendu autant cette fois. Mené (12-6) après quatre minutes, Durant est sorti de sa boite pour enchaîner les paniers et donner des ailes aux Américains, dont l’avance a culminé à 13 longueurs (39-26).

– Fichus “détails” –

Mais les Français ont mieux fini la première période même s’ils étaient derrière au score à la mi-temps (44-39), s’appuyant sur Gobert, dominant à l’intérieur et cible de fautes répétées. Ses 13 points à la pause auraient pu faire plus avec de la réussite aux lancers francs (6/13).

Un nouveau temps fort américain s’est ensuite produit grâce au réveil de Damian Lillard (11 pts). Puis les soufflets de l’accordéon se sont resserrés, grâce à Evan Fournier (16 pts) et Gershon Yabusele (13 pts). Menés de 3 pts (73-70) à cinq minutes de la fin puis même à dix secondes (85-82), les Bleus y croyaient encore, mais ces fichus “détails”…

“Remporter l’or rendrait cette finale, déjà historique, légendaire pour le basket français”, avait espéré jeudi Vincent Collet. Il savait évidemment l’exploit qu’aurait représenté un troisième succès d’affilée, a fortiori dans le contexte d’une finale des JO où seule l’URSS a battu les USA à Munich en 1972.

Reste que cette médaille d’argent vient récompenser un groupe qui tient sa place au Panthéon du basket français, 21 ans après les Sciarra, Rigaudeau et autres Bonato également battus à Sydney, par une “Dream Team” alors intouchable pour le reste du monde.

– Popovich enfin en or –

Et elle s’ajoute au palmarès de Vincent Collet, qui, en douze ans à la tête des Bleus, a appris à ses joueurs comment gagner des médailles (six).

Pour les Etats-Unis, il serait faux de croire que ce nouveau sacre, le 16e en 19 olympiades, se résume à “business as usual”.

Car cette force de l’habitude leur est contestée depuis que l’Argentine les a fait tomber de leur piédestal en demi-finale des Jeux d’Athènes en 2004. A l’époque, Gregg Popovich était adjoint de George Karl, et il a vécu une autre désillusion il y a deux ans à la Coupe du monde face aux Bleus de Collet.

Ajouter l’or olympique à ses cinq bagues de champions NBA glanées avec les San Antonio Spurs, vient couronner, à 72 ans, une carrière d’entraîneur exceptionnelle, avec une saveur unique pour cet homme ouvert sur le monde, qui a puisé sa science du jeu dans le basket européen, mais a subi une pluie continue de critiques depuis deux ans.

Lui qui avait confié avoir été “prêt à pleurer, à supplier” pour avoir Durant dans son équipe pour ces JO, ne s’y est évidemment pas trompé. Il sait ce qu’il lui doit, et l’Amérique aussi.