JO-2020: Vincent Collet, la passion du basket, l’obsession de la gagne

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Animé d’une passion indéfectible pour le basket, travailleur acharné à tendance insomniaque, aussi tempétueux sur le banc que d’un calme olympien en dehors, le perfectionniste Vincent Collet a fait de la France une équipe qui sait gagner, en imposant sa science du jeu.

Quel que soit le sport, il y a toujours un entraîneur grâce auquel le destin d’un groupe change et avec lequel un palmarès se construit: Daniel Costantini et Claude Onesta pour les handballeurs, Olivier Krumbholz pour les handballeuses, Aimé Jacquet et Didier Deschamps pour les footballeurs… Dans le cas des basketteurs français, il y aura un avant et un après Collet.

Bien avant que la campagne de Tokyo n’ajoute une troisième médaille d’argent olympique au palmarès des Bleus, le capitaine Nicolas Batum soulignait son impact auprès des récentes générations: “Vincent a changé la culture du basket français. Avant qu’il n’arrive en 2009, nous n’avions eu que deux médailles (argent à Sydney-2000, bronze à l’Euro-2005). Il nous a apporté une mentalité de vainqueurs”.

Qui s’est donc matérialisée par six médailles en douze ans sous son ère, avec, longtemps en point d’orgue, le titre de champion d’Europe, glané en 2013. Plus maintenant, car la performance réalisée à Tokyo, l’intéressé la place plus haut.

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“C’est plus important d’être en finale olympique que champion d’Europe. Dans la vie d’un sportif, les JO, c’est quelque chose à part. Et jouer un France-USA dans ce contexte, c’est un rêve d’enfant. Quand j’étais jeune basketteur, en benjamins, je rêvais d’en jouer une”, confiait-il, émerveillé mais pas rassasié, à quelques heures de vivre enfin cet instant.

– Boulimique –

Né, coquetterie du destin, à Sainte-Adresse (Seine-Maritime) il y a 58 ans, Vincent Collet a gardé un visage d’enfant et une ligne d’arrière, son poste du temps où il était un joueur pro au tir calibré. Champion de France en 1982 avec Le Mans, il l’est une deuxième fois en 2006 avec le club sarthois au sein duquel il a fait ses débuts d’entraîneur six ans plus tôt.

Un troisième titre suit avec Villeurbanne en 2009, année durant laquelle il est nommé à la tête d’une équipe de France moribonde. “Lorsqu’il est arrivé, son discours a été pur, simple et net: +j’ai envie de gagner+. Un coach comme ça, tu veux jouer pour lui”, soulignera plus tard l’ancien pivot Ronny Turiaf.

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Boulimique de basket, Collet cumule pendant onze ans la fonction de sélectionneur et celle d’entraîneur, à l’Asvel (2008-2010) et Strasbourg (2011-2020). Et quand la saison s’arrête, s’il n’y a pas de compétitions internationales, il continue de bosser. Comme en cet été 2017 qu’il passe à Las Vegas, en tant qu’assistant-coach des Cleveland Cavaliers durant la Summer League.

“C’est très enrichissant. J’ai vu près de quarante matches en neuf jours, et un grand nombre de joueurs passent sous vos yeux. Dès mon retour, je vais pouvoir classer toutes les informations collectées dans des tableaux. D’ici un an ou deux, cela nous servira”, dit-il alors.

– Accès de fureur –

Entre-temps, sa collection de médailles a aussi grandi. L’or à l’Euro-2013 donc, mais aussi l’argent à l’Euro-2011 et le bronze, à l’Euro-2015 et aux Mondiaux 2014 et 2019.

Extrêmement méticuleux dans sa préparation des matches, il passe des heures à disséquer le jeu des adversaires. Et il l’a fait si bien que la France a infligé deux défaites d’affilée aux Etats-Unis de Gregg Popovich, qui a certes eu le dernier mot samedi (87-82), non sans lui adresser ses “marques de respect” après coup.

Collet brille aussi par son management. “Il sait mettre ses joueurs dans les meilleures dispositions et ils n’en sont que plus réceptifs de ses choix tactiques, il y a un respect”, souligne l’ancien international Richard Dacoury.

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Mais quand les choses ne vont pas, il est aussi capable de faire trembler les murs d’un vestiaire ou d’accès de fureur au bord du terrain, quitte à prendre des fautes techniques, comme celle qui aurait pu coûter cher contre la Slovénie en demi-finale des JO.

Droit dans ses baskets, serrant les dents en conférence de presse, il a espéré que le revers contre les Américains “fasse mal aux joueurs comme à” lui. “On doit continuer à travailler, se servir de cette douleur. On a besoin d’être meilleurs.”

“Parce qu’on veut gagner.”