Juliette Binoche : Cette affiche “proche de la prostitution” qui a posé problème

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Les scènes de nu n’ont jamais été spécifiquement un problème pour Juliette Binoche. Pour sa famille, en revanche, c’est une autre paire de manches. En 1985, à peine sortie du tournage de Rendez-vous d’André Téchiné, la comédienne a quelque peu déchanté en découvrant la promotion liée au long métrage. “Il avait envie de filmer des corps, d’oser une autre façon de filmer en se faisant violence, explique-t-elle au Figaro le 11 mars 2020. Quand il m’a dirigée, il était sûr de lui. Après avoir vu le film, Sami Frey était furieux. Il m’a même engueulée : ‘Comment tu t’es laissé filmer les poils pubiens ?’ L’affiche sur les colonnes Morris me montrait nue de dos, c’était l’idée du producteur Alain Terzian. Dans ma famille paternelle, cette affiche a été toute une histoire. Pour certains, c’était proche de la prostitution. Les affiches étaient arrachées dans la rue...”

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Les époques, les réalisateurs, les producteurs, les humeurs ont fait que Juliette Binoche était volontaire, ou non, pour ce type d’exercice. Elle se souvient notamment avoir refusé de traverser une chambre sans le moindre vêtement, dans Bleu, en 1993. La raison ? Elle était lasse d’aborder le sujet de la nudité en interview et avait convaincu Krzysztof Kieslowski, le réalisateur, de renoncer à cette séquence. Dans d’autres circonstances, au contraire, Juliette Binoche a persuadé Leos Carax – Les Amants du Pont-Neuf, 1991 – ou Olivier Assayas – Doubles Vies, 2019 – qu’il valait mieux montrer un peu de chair pour la crédibilité de certaines scènes.

Je n’ai jamais ressenti un regard déplacé

Certains producteurs sont venus sur les tournages juste au moment des scènes de nu, quand d’autres sont partis par pudeur, se souvient-elle. Mais je n’ai jamais ressenti auprès des réalisateurs qui m’ont filmée un regard déplacé.” Sur une tonalité plus légère, Juliette Binoche est actuellement à l’affiche de La Bonne Épouse (en salles le 11 mars 2020). Dans cette fresque sociale, que Martin Provost a écrite en pensant à elle, la comédienne incarne Paulette Van der Beck, à la tête d’une école ménagère qui apprend aux jeunes filles à tenir un foyer et à se plier au devoir conjugal. On a hâte de voir ce que ça donne…