La course au Lion d’Or se termine, qui pour succéder à “Nomadland” ?

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Un biopic sur Diana avec Kristen Stewart, un film russe sur la torture et la rédemption, ou encore le nouvel Almodovar ? La Mostra de Venise remet samedi soir son prestigieux Lion d’or, au terme d’une compétition très ouverte jusqu’au bout.

L’an dernier, “Nomadland” de Chloé Zhao, voyage mélancolique chez les perdants de l’Amérique, l’avait emporté, avant de recevoir quelques mois plus tard l’Oscar du meilleur film.

Qui succèdera cette année à la réalisatrice sino-américaine ? Au total, 21 films ont été visionnés par le jury du Sud-coréen Bong Joon-Ho, lauréat de la Palme d’Or 2019 à Cannes avec “Parasite”.

A ses côtés, pour départager ces films venus des Etats-Unis, de France, d’Italie ou encore des Philippines, deux hommes et quatre femmes, dont Chloé Zhao et l’actrice franco-belge Virginie Efira.

La sélection est de haut niveau: Pedro Almodovar qui retrouve sa muse Penelope Cruz dans “Mères Parallèles”, le réalisateur Paul Schrader, génial scénariste de Scorsese dans “Taxi Driver”, qui met en scène un ancien combattant fou de poker dans “The Card Counter”, le cinéma à la française, de Balzac (“Les Illusions perdues”) au drame social avec Vincent Lindon (“Un autre monde”)…

Parmi les films ayant eu les faveurs des critiques internationales compilées par le quotidien du Festival, “La part du chien”, de Jane Campion, fait partie de ceux qui se détachent.

Palme d’or en 1993 pour “La leçon de piano”, la réalisatrice aborde la question de la masculinité dans ce huis clos étouffant dans un monde de cow-boys, avec Benedict Cumberbatch et Kirsten Dunst.

Dans un tout autre genre, un couple de cinéastes russes, Natalia Merkoulova et Alexeï Tchoupov, a impressionné par sa maîtrise visuelle et narrative dans “Le capitaine Volkonogov s’est échappé”, parabole sur la torture et la rédemption, dans le Saint-Petersbourg de l’ère stalinienne.

– Kristen Stewart en Diana –

Du côté des prix d’interprétation, l’Américaine Kristen Stewart a convaincu nombre de festivaliers avec sa prestation en Lady Diana dans “Spencer”, de Pablo Larrain, une plongée dans l’intimité de cette femme refusant de renoncer à sa liberté dans l’univers corseté des Windsor.

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Le palmarès sera aussi une nouvelle occasion de mesurer la puissance des plateformes de streaming devenues des acteurs majeurs du 7e art, et qui ont vu leur domination encore renforcée par la pandémie.

Contrairement à Cannes, compétition la plus prestigieuse mais dont les films Netflix se privent faute de sortir en salles en France, ces longs-métrages de plateforme sont les bienvenus à Venise.

Netflix avait déjà marqué les esprits en 2018 en remportant le Lion d’Or pour “Roma” d’Alfonso Cuaron, qui avait ensuite été primé aux Golden Globes et aux Oscars.

Cette année, outre le film de Jane Campion, la plateforme a également produit le nouveau film de Paolo Sorrentino, le très personnel “La main de Dieu”, et a aquis les droits de “The Lost Daughter”, qui marque le passage à la réalisation de l’actrice Maggie Gyllenhaal, autres candidats sérieux au Lion d’Or.

“Spencer”, lui, ira sur la plateforme Amazon Prime.

Quel que soit le palmarès, la Mostra aura en tout cas réussi à rebondir après un cru 2020 très maigre, en pleine pandémie.

Le festival était organisé seulement deux mois après celui de Cannes, qui a prouvé sa capacité à rester branché sur l’avant-garde en couronnant “Titane”, un film de genre.

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Venise, devenue ces dernières années une rampe de lancement pour les Oscars, est aussi un rendez-vous de prédilection des stars américaines, qui se sont pressées sur le tapis rouge du Lido.

Matt Damon et Ben Affleck, amis depuis l’enfance, ont monté vendredi les marches pour “Le dernier Duel”, de Ridley Scott, quelques jours après les vedettes de “Dune”: Timothée Chalamet, Rebecca Ferguson, Oscar Isaac ou encore Javier Bardem.