La Syrie accuse Israël de tirs de missiles près de Damas

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La Syrie a accusé son voisin israélien d’avoir provoqué une énorme explosion jeudi en tirant des missiles sur une position militaire, près de l’aéroport international de Damas.

L’État hébreu, qui confirme rarement ses nombreuses attaques lancées en territoire syrien depuis le début de la guerre civile en 2011, a laissé entendre qu’il pourrait en être l’auteur.

Si son implication se confirmait, il s’agirait de la deuxième attaque menée en quatre jours par Israël contre des cibles en Syrie.

«Une position militaire au sud-ouest de l’aéroport international de Damas a été la cible à l’aube d’une agression israélienne avec plusieurs missiles (…)», qui a provoqué des dégâts matériels, a indiqué l’agence officielle Sana citant une source militaire. Elle n’a pas précisé s’il s’agissait d’une position syrienne.

L’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH) a lui indiqué qu’un dépôt d’armes, vraisemblablement appartenant au Hezbollah libanais, avait explosé près de l’aéroport sans fournir d’autres détails. La plus grande partie de l’entrepôt était vide, a dit l’ONG.

Bête noire d’Israël, le Hezbollah combat au côté du régime de Bachar al-Assad contre rebelles et jihadistes.

Selon la télévision Al-Manar du Hezbollah, l’explosion, «vraisemblablement due à un raid aérien israélien» s’est «produite dans des dépôts de fuel et un entrepôt».

En Israël, le ministre du Renseignement Israël Katz a déclaré que la frappe présumée était «cohérente» avec la politique israélienne, sans confirmer une responsabilité de son pays.

«Boule de feu»

L’aéroport international de Damas est situé à environ 25 km au sud-est de Damas, un bastion du régime Assad.

Un témoin habitant dans le quartier de Dawwar al-Baytara à Damas, a raconté à l’AFP avoir entendu une puissante déflagration.

«Vers 04H00 du matin, j’ai entendu une énorme explosion, j’ai accouru au balcon et en regardant du côté de l’aéroport, j’ai vu une énorme boule de feu», a dit Maytham, 47 ans.

La Russie, autre allié de poids du régime syrien, a appelé «tous les pays» à la «retenue» et a mis en garde contre une «montée des tensions» en Syrie, selon le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.

Israël s’alarme de la présence en Syrie du Hezbollah et de forces envoyées par l’Iran, son autre ennemi juré, pour prêter main-forte au régime.

Mi-mars, Israël et la Syrie ont connu leur plus sérieux incident depuis le début du conflit syrien. Un raid israélien près de Palmyre (centre) sur des cibles présentées par Israël comme liées au Hezbollah a provoqué une riposte de l’armée de l’air syrienne et un tir de missile en direction d’Israël a été intercepté.

Israël avait reconnu ce raid contre le Hezbollah, soutenu par Téhéran.

«Quand l’on identifie des tentatives de transfert d’armes sophistiquées au Hezbollah et que nous avons des informations des services de renseignement à ce sujet, nous agissons pour les prévenir», avait alors dit le premier ministre Benyamin Nétanyahou.

«Lignes rouges»

Deux jours plus tard, Israël Katz rappelait ce qu’Israël considère comme des «lignes rouges»: empêcher le transfert d’armements sophistiqués au Hezbollah et l’ouverture d’un front près du territoire israélien.

La dernière frappe israélienne en Syrie remonte à dimanche. Trois miliciens loyaux au régime ont été tués dans un bombardement israélien contre leur camp Qouneitra sur le plateau du Golan, selon la milice. Israël s’était refusé à tout commentaire.

En janvier dernier, le régime syrien a accusé l’État hébreu d’avoir bombardé son aéroport militaire de Mazzé, dans la banlieue ouest de la capitale, qui abrite les services de renseignements de l’armée de l’air.

En 2016, plusieurs missiles israéliens avaient frappé les environs de cette base militaire. La même année, M. Nétanyahou avait admis qu’Israël avait attaqué des dizaines de convois d’armes destinés au Hezbollah en Syrie.

L’aéroport de Damas lui-même a été visé, selon le régime, par des raids israéliens en 2014.

Israël et la Syrie sont techniquement en état de guerre.

Déclenchée en mars 2011 par la répression de manifestations anti-régime, la guerre en Syrie s’est progressivement complexifiée avec l’implication de groupes jihadistes, de forces régionales et de puissances internationales, sur un territoire très morcelé. Elle a fait plus de 320 000 morts.

AFP

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