L’Algérie envoie un avion à Genève où est hospitalisé Bouteflika

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Un avion du gouvernement algérien, qui avait transporté le président algérien Abdelaziz Bouteflika en Suisse pour qu’il s’y fasse soigner, est de retour dimanche à Genève, a constaté un photographe de l’AFP qui a vu l’appareil atterrir.

L’avion, un Gulfstream 4SP blanc portant sur les côtés l’inscription en anglais et en arabe “République algérienne démocratique et populaire” et sur l’empennage les couleurs algériennes, a atterri à l’aéroport international de Genève Cointrin peu avant 10H00 (09H00 GMT).

Le gouvernement algérien n’a pas fait connaître dans l’immédiat la raison de ce vol, qui pourrait permettre le rapatriement du président. Âgé de 82 ans, M. Bouteflika avait été admis le 24 février aux Hôpitaux Universitaires de Genève (HUG) pour des “examens médicaux périodiques” selon la présidence algérienne.

Abdelaziz Bouteflika, président depuis 1999, a été rarement vu en public depuis un AVC dont il a été victime en 2013.

Des manifestations se succèdent depuis le 22 février en Algérie pour lui demander de renoncer à briguer un cinquième mandat à l’élection présidentielle du 18 avril.

Le directeur de campagne de M. Bouteflika, Abdelghani Zaalane, a assuré jeudi que la santé du président algérien n’inspirait “aucune inquiétude” et que les examens qu’il subit en Suisse seraient bientôt terminés. Les récentes informations de presse faisant état d’une dégradation de son état de santé “sont sans fondement”, avait-il ajouté.

Une avocate agissant pour le compte d’une citoyenne algérienne non identifiée a déposé vendredi une requête devant un tribunal suisse demandant le placement sous curatelle de M. Bouteflika en raison de son état de santé.

Dans sa requête, l’avocate Saskia Ditisheim, présidente de la branche suisse de l’ONG Avocats sans frontières, affirme que la “santé fragile” de Bouteflika l’expose à être “manipulé” par son entourage.

Il n’est pas clair si le tribunal suisse admettra d’examiner cette requête et si elle a une chance d’être acceptée. Me Ditisheim a dit à l’AFP que le tribunal pourrait tenter d’attendre que M. Bouteflika soit de retour en Algérie avant de se prononcer.

Des protestations ont été organisées en Suisse depuis l’arrivée du président algérien dans le pays, notamment vendredi avec l’irruption dans les HUG de l’homme d’affaires controversé et opposant algérien Rachid Nekkaz qui a été interpellé. Il avait auparavant organisé une manifestation devant l’hôpital avec des dizaines de ses partisans.