Le nouveau gouvernement attendu lundi, Macron le 14 juillet

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Emmanuel Macron tente de reprendre la main après la déroute des municipales, avec l’annonce attendue du nouveau gouvernement lundi puis une prise de parole le 14 juillet.

L’entourage du président a également annoncé qu’Emmanuel Macron s’exprimerait le jour de la fête nationale du 14 juillet, “probablement dans le cadre d’un entretien à la télévision”, renouant avec une tradition présidentielle qu’il avait supprimée. Il compte préciser les grandes lignes de sa politique, à deux ans de la présidentielle de 2022.

Le Premier ministre qui avait, dans un premier temps, prévu d’annoncer son programme dès le milieu de la semaine prochaine dans sa déclaration de politique générale devant l’Assemblée, devra attendre la prise de parole présidentielle. Il fera sa déclaration “quelques jours après”, selon l’entourage d’Emmanuel Macron qui confirme ce qu’avait évoqué le président de l’Assemblée nationale Richard Ferrand.

Première étape donc pour l’exécutif: “former un nouveau gouvernement pour lundi dans la journée”, a annoncé à l’AFP l’Elysée, avec “une vingtaine de ministres et de ministres délégués”. L’équipe dirigée par Edouard Philippe comptait 16 ministres, trois ministres délégués et 17 secrétaires d’Etat.

Selon un proche du chef de l’Etat, l’annonce devrait se faire “en deux temps”, d’abord les ministres, puis les secrétaires d’État.

L’entourage du chef de l’Etat a assuré qu’il y aurait “de nouveaux talents” et “des personnalités venues d’horizons différents”.

Répondant aux rumeurs sur une équipe resserrée autour de grands pôles principaux, Jean Castex a affirmé au JDD ne “pas être sûr que des périmètres trop étendus soient forcément la garantie d’une plus grande efficacité”.

– Pas de “consensus mou” –

L’ex-ministre socialiste et ancienne candidate à la présidentielle Ségolène Royal a assuré avoir été contactée samedi, ajoutant qu’une participation à ce gouvernement n’aurait de “sens” que si elle pouvait mener une politique “plus sociale, plus écologiste, plus démocratique”. Face au démenti d’une source proche du chef de l’Etat, elle a fourni à l’AFP des échanges SMS qu’elle dit avoir eu avec le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian.

La patronne des députés socialistes Valérie Rabault, également contactée selon elle, a souligné que “la réponse est non”, car “un débauchage ne constitue pas une politique”. Et si des socialistes entraient au gouvernement, “ils s’inscriraient en dehors du parti”, a-t-elle prévenu sur Radio J.

Chez Les Républicains, le vice-président Gilles Platret a aussi appelé à dire “non” à toute proposition, pour “ne pas se renier”.

Le nouveau Premier ministre doit recevoir lundi soir députés et sénateurs de la majorité.

Pour François Bayrou, patron du MoDem, allié de la majorité, Jean Castex sera “un Premier ministre de premier plan” de par son “expérience”.

L’ancien “Monsieur déconfinement”, qui a fait sa première sortie officielle samedi dans une entreprise de haute technologie, souligne que “l’épidémie a changé la donne”.

La France “se retrouve face à deux défis”: “la crise sanitaire” et “la reconstruction de notre économie et la protection des Français”.

L’objectif n’est pas “simplement d’agir sur le court terme” pour “éviter le maximum de licenciements”: il faut aussi regarder “comment on peut assurer le fondement d’une relocalisation, d’un maintien durable des emplois industriels et exposés à la concurrence” internationale en France, explique-t-il.

– “L’écologie, c’est maintenant ou jamais” –

Jean Castex affirme aussi vouloir s’attaquer rapidement aux dossiers sensibles, comme celui des retraites, qui a donné lieu à des mois de conflit social. Il entend le régler “à court terme”, avec, “a minima, un nouvel agenda social”.

Quant au Ségur de la Santé, suspendu en fin de semaine faute d’accord avec les syndicats avant le remaniement, il souhaite le conclure “la semaine prochaine”, alors qu’une enveloppe de sept milliards d’euros est sur la table pour les salaires des soignants.

Sa méthode ? le dialogue social et s’appuyer sur les élus locaux. Mais il avertit: “je ne crois pas au consensus mou”.

Après la forte percée verte aux municipales, l’écologie n’est “pas une option” mais “une obligation”, répète aussi Jean Castex, qui veut “accélérer” les décisions.

“Le temps est venu de faire un choix franc”, a exhorté dimanche l’ex-ministre de l’Ecologie Nicolas Hulot, qui avait claqué la porte du gouvernement en 2018. “L’écologie, c’est maintenant ou jamais”, car, accuse-t-il, “malgré les discours, l’Etat n’est toujours pas au rendez-vous de la transformation”.

Chez les Verts, l’eurodéputé EELV Yannick Jadot voit une “parfaite continuité entre Jean Castex et Edouard Philippe” qui, selon lui, “n’ont jamais marqué un quelconque intérêt pour le climat ou la biodiversité”.

Le chef des Insoumis, Jean-Luc Mélenchon, juge lui “dangereux” d’avoir nommé “un libéral en béton armé qui croit que le marché va régler tous les problèmes”.

A ceux qui le voient comme un simple exécutant, Jean Castex répond lui que le chef de l’Etat ne veut pas faire de lui “un subordonné voué aux tâches secondaires”, et que sa “personnalité n’est pas soluble dans le terme de +collaborateur+”.

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