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Le premier budget Macron dans l’hémicycle, l’ISF plus que jamais au centre des polémiques

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Le premier budget Macron dans l’hémicycle, l’ISF plus que jamais au centre des polémiques

Le gouvernement défend mardi dans l’hémicycle son premier budget avec de longues passes d’armes en vue autour de la réforme de l’ISF défendue bec et ongles par Emmanuel Macron mais vivement critiquée par son prédécesseur et mise en doute par le Modem.

Plus de 1.000 amendements ont été déposés sur ce premier volet du projet de loi de finances 2018 consacré aux “ressources” qui sera débattu toute la semaine, à partir de 16H00.

L’objectif de l’exécutif, qui présente en même temps une loi de programmation des finances publiques jusqu’en 2022, est que la France, dernier pays de la zone euro en procédure de déficit excessif avec l’Espagne, sorte du viseur au moment où elle propose de réformer en profondeur l’UE.

Après être revenu juste sous le seuil des 3% du PIB de déficit en 2017, l’exécutif prévoit 2,6% en 2018 et un quasi-retour à l’équilibre en 2022, à la faveur d’une croissance de 1,7 à 1,8% et d’une très faible progression de la dépense.

Edouard Philippe est allé défendre cette trajectoire lundi à Bruxelles. “Je crois que la France sortira de cette situation inconfortable (de déficit excessif) pendant l’exercice 2018”, a réagi le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker en pointant des perspectives “dans la bonne direction”.

Pour y arriver, le gouvernement a prévu en 2018 près de 15 milliards d’euros d’économies: sept pour l’Etat, avec des coupes controversées dans les aides au logement et contrats aidés notamment, cinq pour la Sécurité sociale, trois pour les collectivités locales.

Cela passe mal à gauche alors qu’en même temps ce budget transforme l’Impôt sur la fortune (ISF) en impôt sur la seule “fortune immobilière” (IFI) qui, conjugué à l’introduction d’une “flat tax” de 30% sur les revenus du capital, va priver l’Etat de 4,5 milliards d’euros.

Socialistes, Insoumis et communistes dénoncent depuis des semaines un “cadeau aux plus riches”. Car, souligne Valérie Rabault (Nouvelle gauche), ex-rapporteure générale du Budget, “plus le patrimoine d?une personne augmente, plus sa composante financière s?accroît”.

“Je ne crois pas à la jalousie française qui consiste à dire +il y a des riches, taxons-les, nous nous porterons mieux+”, a répondu dimanche sur TF1 Emmanuel Macron, selon qui l’ISF n’était pas payé par “les grandes fortunes” et a fait “perdre beaucoup de talents”. Le président et son parti La République en marche font le pari que les Français aisés investiront leur épargne dans les PME qui manquent de fonds propres.

François Hollande a à son tour répondu à son successeur lundi, depuis Séoul, contre “une fiscalité allégée pour les riches et alourdie pour les plus modestes ou les classes moyennes”.

“On a un ancien président de la République qui s’exprime pour critiquer son pays depuis l’étranger”, s’est étonnée la porte-parole du groupe LREM Aurore Bergé.

– Doutes au Modem –

Des doutes se sont également exprimés au sein de la majorité. Le MoDem de François Bayrou a ainsi présenté un amendement pour maintenir un ISF, mais en sortant du périmètre la détention de titres pour favoriser le financement de “l’économie réelle”.

Une proposition “pas constitutionnelle” et qui ne correspond pas “aux engagements” d’Emmanuel Macron, a répondu par avance le ministre des Finances Bruno Le Maire.

LREM compte seulement surtaxer des “signes extérieurs de richesse” (yachts, voitures de sport et métaux précieux) pour éviter “des effets d’aubaine”, avec un rendement très limité (moins de 50 millions d’euros).

Hostile de longue date à l’ISF, la droite, qui pourrait avoir des échanges tendus avec deux ministres venus de ses rangs (Bruno Le Maire et Gérald Darmanin), est dans une position inconfortable. Elle déplore que le gouvernement “ne soit pas allé jusqu’au bout” en gardant l’IFI, ou ne fasse pas assez d’économies.

LR se veut aussi le défenseur des retraités face à la hausse de la CSG qui figure dans le projet de loi de financement de la Sécurité sociale, dont les députés démarrent l’examen mardi en commission.

Dimanche soir, Emmanuel Macron a appelé les retraités à prendre en compte la suppression en trois ans de la taxe d’habitation, autre mesure phare du budget, qui “dans une grande partie des cas compensera ce 1,7 point de CSG”.

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