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Le Royaume-Uni s’oriente vers un Brexit «dur»

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Le Royaume-Uni s’oriente vers un Brexit «dur»

Le Brexit signifie la sortie du marché unique, a annoncé mardi la première ministre britannique Theresa May, en défendant une rupture «claire et nette» avec l’Union européenne (UE) pour retrouver le contrôle de l’immigration.

Le discours de Theresa May, très attendu après des mois à manier le flou, a été salué par les eurosceptiques et a immédiatement fait remonter la livre Sterling qui avait plongé par anticipation la veille.

«Le Royaume-Uni ne peut pas continuer à faire partie du marché unique», a affirmé Mme May en dévoilant ses priorités pour les négociations à venir.

Alors qu’elle a prévu de déclencher la procédure de divorce d’ici la fin mars, prélude à deux ans de discussions, elle a également annoncé qu’elle soumettrait l’accord final au vote du Parlement britannique comme le réclamaient nombre de députés.

Pour Mme May, un maintien dans le marché unique de 500 millions de consommateurs est incompatible avec la priorité N° 1 de Londres: la maîtrise de l’immigration. «Le Royaume-Uni est un pays ouvert et tolérant, mais le message du peuple a été très clair: le Brexit doit permettre de contrôler le nombre d’Européens qui viennent au Royaume-Uni», a-t-elle souligné, sans entrer dans les détails.

Lors du référendum du 23 juin 2016, 52 % des Britanniques avaient voté pour une sortie de l’UE et beaucoup ont cité l’immigration comme principale motivation.

«J’ai du mal à croire que la première ministre emploie désormais des phrases et mots que, pendant des années, on m’a reproché d’utiliser. Un vrai progrès», a commenté, ravi, Nigel Farage, l’ex-leader du parti Ukip, champion du Brexit.

«Enfin un peu de clarté»

«Nous voulons un nouveau partenariat équitable (…) pas un statut de membre partiel ou associé de l’UE, qui nous laisserait à moitié dedans ou à moitié dehors», a insisté Mme May, plaidant également pour un «nouvel accord» sur l’union douanière.

«Enfin un peu de clarté» sur le Brexit», s’est félicité le ministre allemand des Affaires étrangères, Frank-Walter Steinmeier, appelant «à des relations aussi bonnes, étroites (…) que possible» une fois le Brexit formalisé.

«Pour la première fois, le Royaume-Uni accepte l’inflexibilité de l’UE sur les quatre libertés», a déclaré à l’AFP Stephen Booth, directeur du think tank Open Europe. L’UE estime que la liberté de circulation des biens est indissolublement liée à celle des personnes, des capitaux et des services.

Mme May a toutefois dit qu’elle chercherait «à obtenir le plus grand accès possible» au marché unique, alors que 44 % des exportations britanniques sont allées vers l’UE en 2015.

Et afin d’éviter «un changement trop brutal», elle a prôné «une mise en oeuvre par étapes» d’un accord avec l’UE à l’issue des négociations de sortie.

«Le succès de l’UE est dans l’intérêt du Royaume-Uni», a-t-elle dit. La Grande-Bretagne va donc rester «le meilleur ami de nos partenaires européens», a-t-elle promis, mettant en garde les Européens contre toute volonté de punir son pays.

«Vous serez toujours les bienvenus dans ce pays comme nous espérons que nos citoyens resteront les bienvenus chez vous», a lancé la chef du gouvernement conservateur devant des ambassadeurs des 27 pays européens conviés à Lancaster House.

Mais la Grande-Bretagne va également devenir «un pays qui regarde aussi au-delà des frontières de l’Europe», a-t-elle ajouté, vantant le projet d’une «grande nation marchande à l’échelle mondiale».

«Ouvert sur le monde»

Après des mois d’incertitudes sur ses intentions, le discours de Theresa May mardi marque ainsi une vraie rupture, lançant le pays sur la route d’un Brexit «dur».

Et elle risque de se heurter à l’intransigeance des autres leaders européens, la chancelière allemande Angela Merkel en tête, qui refusent une «Europe à la carte».

Quelques heures avant son discours, la première ministre polonaise Beata Szydlo a répété sa préférence pour un «soft» Brexit qui garantisse «les droits des citoyens polonais et européens».

Le ministre autrichien des Affaires étrangères Joerg Schelling a lui estimé que «le Brexit allait prendre cinq ans plutôt que deux ans». «Personne ne sait ce qui va se passer exactement», a-t-il dit.

«Les leaders européens seront contents d’avoir un peu plus de détails sur les négociations à venir», a affirmé à l’AFP Anand Menon, professeur de sciences politiques au King’s College de Londres. «Mais, a-t-il ajouté, ils seront moins ravis des menaces» brandies par Mme May lorsqu’elle a notamment suggéré que le Royaume-Uni allait être libre de proposer un système de taxation «compétitif».

Source : AFP

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