Le “Ségur de la santé” accouche au forceps d’un projet d’accord sur les salaires

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A l’issue d’une nouvelle négociation marathon, le gouvernement a proposé jeudi un projet d’accord à 180 euros net mensuels au moins pour les personnels hospitaliers, laissant entrevoir une avancée dans le “Ségur de la santé”, même si les discussions restent bloquées avec les médecins.

Fini le bras-de-fer entre l’exécutif et les syndicats? Après deux jours de discussions, ponctuées par une ultime séance de tractation de près de neuf heures dans la nuit de mercredi à jeudi, le ministre de la Santé Olivier Véran a proposé cette hausse pour les personnels hospitaliers du public.

Selon des sources concordantes, l’ensemble des salariés paramédicaux (infirmiers, aides-soignants) et non médicaux (techniciens, brancardiers, etc.) des hôpitaux et des Ehpad publics sont concernés, à l’exception des médecins, qui font l’objet de négociations séparées.

Cette hausse de salaire dite “socle” interviendra en deux temps: une première revalorisation de 90 euros net en septembre et une seconde, de 90 euros net également, qui entrera en vigueur en mars 2021, a précisé l’une de ces sources.

La version définitive du protocole d’accord doit être envoyée jeudi aux syndicats. Elle prévoit également une refonte des grilles, c’est à dire des salaires prévus selon le déroulé des carrières, pour certains métiers soignants et médico-techniques.

Elle comprend comme prévu un volet sur l’emploi, avec 15.000 embauches dans les établissements publics, dont la moitié correspondent à des créations de postes et l’autre moitié à des recrutements de personnels sur des postes qui n’étaient jusque-là pas pourvus.

Le projet d’accord, qui prévoit par ailleurs une hausse future de certaines primes, notamment pour les dimanches et jours fériés, s’inscrit dans une enveloppe globale de 7,5 milliards d’euros, comme annoncé mardi par le Premier ministre Jean Castex.

– “Occasion à saisir” –

Ce texte “conduit en l’état à une revalorisation significative des métiers hospitaliers”, a réagi auprès de l’AFP Zaynab Riet, déléguée générale de la Fédération hospitalière de France (FHF), évoquant “une occasion à saisir”.

“Bien sûr, ce protocole n’est pas parfait. Mais on a été au bout de ce qu’on pouvait faire. Et 7,5 milliards d’euros, ce n’est pas une petite somme: on ne repart pas avec quelques centaines de millions d’euros”, a souligné de son côté Didier Birig, secrétaire général de FO-Santé.

“Même si ce n’est pas suffisant pour rattraper le retard accumulé depuis des décennies, ça a le mérite d’exister”, a confirmé son homologue de la CFDT-Santé, Eve Rescanières, ajoutant que “c’est un bon accord”.

“On a obtenu des avancées”, a insisté Jean-Claude Stutz, secrétaire national de l’Unsa-Santé, regrettant toutefois que la mesure “socle” ne concerne pas les établissements sociaux (aide à l’enfance, handicap, centres d’hébergement…).

Patrick Bourdillon, secrétaire fédéral de la CGT-Santé, déplorait pour sa part qu’une partie de l’enveloppe, de l’ordre de 1,6 milliard d’euros, soit destinée aux établissements privés, qu’ils soient associatifs ou à but lucratif.

Cela pourrait financer une hausse de rémunération de l’ordre de 160 à 170 euros net pour leurs salariés. Des négociations devront toutefois être menées dans les branches concernées pour en fixer les modalités.

Les syndicats, qui réclamaient initialement une hausse mensuelle de 300 euros net pour l’ensemble des personnels du secteur public, doivent se prononcer d’ici lundi sur cet accord. Le gouvernement espère boucler le “Ségur de la santé” d’ici vendredi.

Si une issue semble se dessiner pour le personnel médical et paramédical, les choses semblent en revanche compromises pour les médecins hospitaliers, qui font l’objet de négociations séparées.

Aucun projet d’accord n’a en effet été présenté à ce stade, les discussions menées mercredi avec les syndicats de praticiens hospitaliers étant restées bloquées faute d’avancée sur l’enveloppe promise par le gouvernement.

La semaine dernière, Olivier Véran avait mis 600 millions d’euros sur la table pour leurs rémunérations, dont 400 millions pour les médecins et 200 pour les internes et étudiants.

Les syndicats espéraient une rallonge pour financer de nouveaux échelons en fin de carrière et une hausse des indemnités de gardes et astreintes, ce qu’il n’ont pas obtenu à ce stade. Aucune nouvelle réunion de négociation n’est pour l’instant programmée.

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