Le spécialiste du monde arabe Antoine Sfeir est décédé

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Le journaliste et politologue franco-libanais Antoine Sfeir⁩ s’est éteint à l’âge de 70 ans lundi. Le fondateur des Cahiers de l’Orient était réputé pour son expertise sur le monde arabe et musulman.

Le monde arabe et musulman n’avait aucun secret pour lui. Il connaissait son histoire, ses détails et ses nuances. Le fondateur des Cahiers de l’Orient Antoine Sfeir est décédé dans la nuit du lundi 1er octobre, à l’âge de 70 ans. “Salut l’artiste”, titre la revue trimestrielle dans un édito.

Expert éclairé dans son domaine et fin pédagogue, Antoine Sfeir était régulièrement sollicité par tous les médias parisiens. De nombreuses personnalités lui rendent hommage.

Né en 1948 à Beyrouth, Antoine Sfeir a été coresponsable du service étranger du quotidien francophone libanais L’Orient-Le Jour, jusqu’à son enlèvement en 1976, en pleine guerre civile au Liban, par des milices palestiniennes qui l’ont torturé pendant une semaine. Il en garda toute sa vie des séquelles.

Une vingtaine d’ouvrages

Journaliste à La Croix et à Pèlerin avant de fonder les Cahiers de l’Orient au milieu des années 80, il a signé une vingtaine d’ouvrages sur le monde arabe et l’islam. Avec son dernier opus, “L’Islam contre l’Islam : l’interminable guerre des sunnites et des chiites” (2012), il remporta le prix Livre et droits de l’Homme à Nancy.

En 2003, il avait dépeint l’universitaire Tariq Ramadan comme un “spécialiste du double langage”, dont l’influence sur la jeunesse serait plus dangereuse que celle des islamistes violents, ce qui lui a valu une plainte en diffamation puis une relaxe.

En 2005, il a lancé, avec Jean-Michel Quillardet, ancien grand maître du Grand Orient de France, l’Observatoire de la laïcité, qui se voulait “un groupe d’étude et de prospective afin de renforcer le principe de laïcité comme constitutif de la République et de la démocratie”. Il a été accusé de complaisance envers le régime de Ben Ali, avec le livre “Tunisie, terre de paradoxes”, publié en 2006, et exhumé au moment du printemps arabe.

Chevalier de la Légion d’honneur, Antoine Sfeir présidait depuis 2014 l’Institut libre d’étude des relations internationales (ILERI).

Première publication : 01/10/2018

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