Le tunnel du Ceneri, dernier grand chantier d’un axe ferroviaire alpin, inauguré vendredi

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La Suisse va inaugurer vendredi un nouveau tunnel dit du Ceneri, troisième et dernier grand ouvrage à travers les Alpes d’un projet qui doit transformer le trafic ferroviaire du Nord au Sud de l’Europe.

Après l’ouverture du tunnel du Loetschberg en 2007, puis de celui du Saint-Gothard en 2016, ce nouveau tunnel situé au Tessin, au sud du pays, est la dernière pièce de la Nouvelle Ligne Ferroviaire à travers les Alpes (NLFA) qui doit fluidifier le transport des marchandises sur un axe ferroviaire reliant Rotterdam au Pays-Bas à Gênes, en Italie.

L’objectif est également de limiter le nombre de camions qui traversent les Alpes en permettant aux marchandises de transiter par ce couloir ferroviaire.

L’ouvrage qui doit entrer en service en décembre permettra enfin de réduire encore le temps de trajet pour les passagers, sur différentes connexions.

Par exemple, la liaison entre Zurich et Milan, qui avait déjà été raccourcie avec le Saint-Gothard, sera ramenée dans un premier temps à 3h17, puis 3h ultérieurement, contre 3H40 actuellement.

En Suisse, le transport des marchandises a longtemps nécessité de puissantes locomotives pour passer les cols mais aussi de lourdes opérations de manutention pour charger à la frontière les semi-remorques sur des trains avant de traverser le pays.

Mais ce nouvel axe ferroviaire, grâce à son faible dénivelé, doit grandement faciliter le fret transalpin.

“C’est le dernier verrou qui nous permet d’avoir une ligne plate à travers les Alpes”, a affirmé à l’AFP Vincent Ducrot, le directeur des chemins de fer fédéraux suisses (CFF), en marge d’une présentation du tunnel à la presse à la veille de son inauguration.

“A l’avenir on pourra avoir des trains de fret de 750 mètres de long pouvant transporter jusqu’à 2.100 tonnes de marchandises (par convoi)”, s’est-il enthousiasmé, tout en mettant en avant ses avantages environnementaux.

Avec ce tunnel, c’est l’équivalent de quelque 3.000 semi-remorques qui pourra emprunter ce nouvel axe ferroviaire à travers les Alpes, ce qui doit permettre de réduire les émissions de Co2 de “900 tonnes par jour”, a-t-il quantifié.

– Le projet du siècle en Suisse –

Long de 15,4 km, ce tunnel qui culmine à 329 mètres au-dessus du niveau de la mer doit pouvoir accueillir jusqu’à 170 trains de marchandises et 180 trains de voyageurs par jour.

Cette dernière étape d’un chantier “pharaonique” selon l’expression de M. Ducrot, sera inaugurée à son entrée sur le versant Nord, au son du cor des Alpes avec des musiciens du Tessin et de Suisse alémanique pour marquer symboliquement le trait d’union que ce tunnel va poser entre le Nord et le Sud du pays.

La présidente de la Confédération, Simonetta Sommaruga, doit couper le ruban au moment même où le premier train de marchandises empruntera officiellement le tunnel.

“Cette nouvelle ligne de train à travers les Alpes, c’est l’oeuvre du siècle pour notre pays”, a confié la présidente de la Confédération à l’AFP.

“C’est le plus grand investissement qu’on ait jamais eu dans notre pays”, a-t-elle expliqué, estimant qu’il s’agit également “d’un signal fort pour une politique de transport intelligente”.

Approuvé dans les urnes par les citoyens suisses en 1992 puis 1994, cette nouvelle ligne ferroviaire à travers les Alpes a coûté quelque 24 milliards de francs suisses (22,7 milliards d’euros).

Financé en partie par les redevances sur les poids lourds, le projet englobait trois tunnels. Le plus coûteux à été celui du Saint-Gothard, pour lequel les frais ont atteint 12,2 milliards de francs suisses, loin devant les 3,6 milliards de francs investis dans le tunnel du Ceneri.

Avec ses 57 kilomètres, le tunnel du Saint-Gothard est le plus long tunnel au monde.

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