Le vétéran Almodovar donne le coup d’envoi du festival de Venise

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Le coup d’envoi de la course au Lion d’or a été donné mercredi soir par un duo emblématique du cinéma espagnol, Pedro Almodovar et Penelope Cruz, prélude d’une Mostra de Venise qui mêle cinéma d’auteur et grand noms d’Hollywood.

“Madres Paralelas”, dans lequel le cinéaste de 71 ans retrouve son actrice fétiche, ne devrait pas dérouter ses fans, avec l’histoire du destin de deux femmes qui accouchent le même jour et dans la même maternité.

La star espagnole incarne Janis (un clin d’oeil à la chanteuse Janis Joplin), une photographe quadragénaire. Elle tombe enceinte d’un ami archéologue et marié, qui lui a promis de l’aider à retrouver la sépulture de son arrière grand-père, disparu aux débuts de la guerre civile espagnole, et l’exhumer, dans son village natal.

Le réalisateur et sa muse, tout de noir vêtus, ont foulé le tapis rouge du palais du cinéma, déroulé sur le Lido de Venise face à la mer, sous les flashes des photographes mais en l’absence de public, mesures anti-Covid obligent.

Au cours de la cérémonie d’ouverture, un Lion d’or d’honneur a été décerné au cinéaste italien Roberto Benigni, l’auteur inoubliable de “La vie est belle”.

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Pour cette 78ème Mostra, Almodovar fait face à 20 films en compétition pour séduire un jury présidé par le Sud-Coréen Bong Joon-Ho, Palme d’or 2019 avec “Parasite”.

“Les réalisateurs ont vécu une période très difficile cette année et l’an dernier, mais d’une certaine façon si on regarde en arrière c’est comme si ça avait été un test et cela à montré la vitalité du cinéma”, a estimé le réalisateur.

Son jury réunit notamment l’actrice franco-belge Virginie Efira et la réalisatrice américaine d’origine chinoise Chloé Zhao, qui avec “Nomadland” a triomphé aux Oscars quelques mois après avoir remporté le Lion d’Or l’an dernier.

– Cinq réalisatrices –

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Une trajectoire dont peuvent rêver les réalisateurs en compétition, les plus confirmés comme la Néo-Zélandaise Jane Campion (“La part du Chien”), Palme d’Or en 1993 avec “La leçon de piano”, comme les plus neufs, à l’instar de l’actrice américaine Maggie Gyllenhaal, qui fait ses débuts derrière la caméra en adaptant l’autrice à succès Elena Ferrante (“The Lost Daughter”).

Trois films français sont en lice: “Un autre monde”, drame social de Stéphane Brizé, “Illusions perdues”, où Xavier Giannoli adapte Balzac, et “L’Evénement”, une adaptation d’un roman d’Annie Ernaux sur l’avortement.

Seuls cinq films sont signés de réalisatrices, le Festival ne reproduisant pas l’effort de parité débuté l’an dernier, où huit des 18 films en compétition étaient signées par des femmes.

Le palmarès sera dévoilé le 11 septembre, au terme de cette deuxième édition depuis le début de la pandémie. L’an dernier, le festival s’était tenu en demi-teinte, avant l’arrivée des vaccins contre le Covid-19.

– L’événement “Dune” –

Changement d’ambiance en cette rentrée, même si les mesures sanitaires continuent de s’appliquer: la Mostra marque le retour en force des grands noms du cinéma sur le Lido.

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D’ici au palmarès, de nombreuses stars sont attendues, de Kristen Stewart en Lady Di dans “Spencer” de Pablo Larrain, à Benedict Cumberbatch, en passant par Antonio Banderas.

“Tout le monde voulait venir, recommencer à voyager pour faire la promotion des films, les voir sortir dans des salles de cinéma et enfin revenir à la normalité”, s’est félicité le directeur de la Mostra, Alberto Barbera, dans un entretien avec l’AFP. “Personne n’a été difficile à convaincre!”

“La qualité des films est très élevée cette année, comme si les circonstances difficiles avaient stimulé la créativité des réalisateurs”, s’est-il enthousiasmé.

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L’événement se tiendra aussi hors compétition, où sera présenté “Dune”, une nouvelle version du space-opéra mythique à laquelle s’est essayé le Canadien Denis Villeneuve, avec un cortège de stars au générique, de Timothée Chalamet à Oscar Isaac, en passant par la révélation de la série “Euphoria”, Zendaya.

Ridley Scott occupera aussi l’affiche, avec “Le dernier duel”, qui marque la reformation à l’écran et au scénario du duo Matt Damon/Ben Affleck, un quart de siècle après “Will Hunting”.