Leçons de la pandémie et défis diplomatiques sur le grill des dirigeants du G7

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Les dirigeants du G7 se retrouvent samedi pour une deuxième journée qui fait la part belle aux leçons à tirer de la pandémie et à la promotion du multilatéralisme face aux défis posés par la Russie et la Chine.

Réunis jusqu’à dimanche dans le sud-ouest de l’Angleterre, les chefs d’Etat et de gouvernement d’Allemagne, de France, d’Italie, du Royaume-Uni, du Canada, du Japon et des Etats-Unis ont jusqu’à présent affiché leur unité à la faveur de la traditionnelle photo de famille vendredi, et d’une réception autour de la reine Elizabeth II.

Ce premier sommet en personne depuis près de deux ans, qui marque l’arrivée sur la scène internationale du président américain Joe Biden, doit aussi permettre d’avancer en privé sur les sujets qui fâchent, autour d’un barbecue et de guimauves grillées sur la plage samedi soir ou de manière plus sérieuses de réunions bilatérales.

Le Premier ministre britannique Boris Johnson tient ainsi une série de rencontres avec les puissances européennes, sur fond de vives tensions post-Brexit autour de l’Irlande du Nord, à commencer par le président français Emmanuel Macron qui lui a demander de “respecter la parole donnée”.

Du point de vue du programme officiel, l’objectif est pour le G7 de fourbir ses armes face à la crise sanitaire. Après les promesses sur les dons de vaccins aux pays pauvres, les dirigeants veulent trouver les moyens d’éviter qu’une telle catastrophe mondiale ne se reproduise.

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Le G7 va dévoiler dans la journée la “déclaration de Carbis Bay” présentée par Downing Street comme “historique” et qui comprendra une série d’engagements pour empêcher une nouvelle pandémie.

Il s’agira de réduire le délai pour développer des vaccins, des traitements et des diagnostics, renforcer la surveillance sanitaire, et engager une réforme de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) afin de la renforcer.

“Je suis fier que pour la première fois aujourd’hui les principales démocraties dans le monde sont unies pour faire en sorte que jamais plus nous ne soyons pas préparés” à une crise sanitaire de grande ampleur, selon Boris Johnson.

Le débat pourrait porter en outre sur l’épineuse question de la suspension des brevets sur les vaccins, afin d’accélérer leur production. Les Etats-Unis et la France sont pour, mais l’Allemagne s’y oppose.

– “Valeurs” démocratiques –

Pour Oxfam, le G7 est trop tendre avec l’industrie pharmaceutique. “Cette déclaration ne résout pas les problèmes fondamentaux qui empêchent les vaccins d’être accessibles à la majorité de l’humanité”, quitte à renoncer à la propriété privée sur le brevets, selon l’ONG.

Santé, diplomatie, questions économiques, les séances de travail du G7 vont s’enchaîner à un rythme soutenu samedi.

Les dirigeants accueilleront pour l’occasion leurs homologues de Corée du Sud, d’Afrique du Sud, d’Australie, ainsi que le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres.

Le Premier ministre indien Narendra Modi interviendra de manière virtuelle, compte tenu de la grave situation sanitaire dans son pays.

La Chine et la Russie doivent être au centre des échanges prévus sur les questions de politique étrangère, alors que les dirigeants du G7 ont déjà prévenu qu’ils entendaient affirmer leurs “valeurs” de démocraties libérales.

Les velléités protectionnistes de certains pays face à la pandémie et les tensions dans les chaînes d’approvisionnement, symbolisées par la pénurie mondiale de semi-conducteurs, inquiètent en outre le G7.

L’administration américaine assure toutefois ne pas vouloir braquer les projecteurs sur la Chine.

“Il ne s’agit pas de pousser les pays à choisir entre les Etats-Unis et la Chine. Il s’agit de proposer une autre vision et une autre approche”, a déclaré un haut responsable américain.

Selon ce dernier, les Etats-Unis annonceront dans la journée une nouvelle initiative mondiale dans les infrastructures, à coup de centaines de milliards de dollars en faveur des pays pauvres ou émergents.

Ce plan, qui s’adressera surtout à l’Afrique et à l’Asie, est censé contrer l’initiative de la Chine des “Nouvelles routes de la Soie” visant à financer des grands projets à l’étranger pour accroître son influence.

Joe Biden va enfin presser ses partenaires d’agir sur le travail forcé, vu comme un exemple de “la concurrence économique déloyale de la Chine”.

– Représailles post-Brexit –

Boris Johnson, dont c’est le premier sommet depuis la sortie du marché unique européen le 1er janvier dernier, enchaîne au début de la journée les tête-à-tête avec Emmanuel Macron, la chancelière allemande Angela Merkel et la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen.

Au menu, les tentatives de Londres s’assouplir les dispositions post-Brexit sur l’Irlande du Nord, qui perturbent les approvisionnements et irritent les unionistes, au point d’indisposer Bruxelles qui menace de représailles commerciales. Le gouvernement britannique répète lui à l’envie qu’il n’acceptera jamais de remettre en cause l’unité du Royaume-Uni.

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Face à Boris Johnson, Emmanuel Macron s’est dit prêt à une relance des relations franco-britanniques mais a “souligné que ce réengagement imposait que les Britanniques respectent la parole donnée aux Européens et le cadre défini par les accords Brexit”, a indiqué l’Elysée après une rencontre entre les deux dirigeants en marge du sommet du G7.

Il n’est pas certain toutefois que la crise se dénoue lors du sommet. “Le G7 n’est pas l’endroit où (Boris Johnson) va nécessairement chercher une solution immédiate”, a averti vendredi soir Downing Street.