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Législatives 2018 en Italie: les populistes désignent leur chef de file

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Législatives 2018 en Italie: les populistes désignent leur chef de file

Les populistes du Mouvement 5 Etoiles (M5S) choisissent samedi soir à Rimini (est) leur chef de file en vue des législatives prévues début 2018 en Italie, avec une seule ambition: les gagner pour enfin gouverner.

Luigi Di Maio, 31 ans, le plus jeune vice-président de la Chambre des députés de l’histoire italienne, est largement favori face à sept candidats quasi inconnus du grand public. Et ce d’autant plus qu’il est largement considéré depuis des années comme le dauphin du comique Beppe Grillo, fondateur et patron incontesté du M5S.

“L’espoir d’aujourd’hui, c’est que le mouvement retrouve l’unité et permette ce tournant dont l’Italie a besoin. Nous sommes ici non pas pour nous, mais pour nos enfants, car on ne peut plus continuer comme ça. J’ai voté pour Di Maio et je pense que c’est l’une des personnes les plus adaptée pour le poste de chef du gouvernement”, déclare à l’AFP-TV Roberto Pavanello, militant de la première heure.

Dans une ambiance bon enfant, des milliers de sympathisants et militants déambulaient à la foire de Rimini, où se déroule le meeting, écoutant les élus du M5S ou buvant une bière au soleil.

“Nous sommes des militants depuis 10 ans, pour nous c’est notre communauté”, assure Federica, venue à la fête avec son mari et son enfant dans une poussette.

– ‘Déficit de démocratie’ –

Actuellement au coude-à-coude avec le Parti démocrate (PD, centre-gauche, au pouvoir), en tête des sondages avec 26 à 28% d’intentions de vote, le M5S se lance dans cette nouvelle campagne en proposant un candidat rassurant tant pour l’électeur moyen que pour les milieux économiques.

“Di Maio étudie pour devenir Premier ministre, il se comporte, il parle, il marche même comme un Premier ministre. Il étudie les règles du jeu pour tenter d’être plus rusé que le croupier”, explique ainsi à l’AFP Alberto Castelvecchi, professeur à l’université Luiss de Rome.

Cette course à la candidature a été critiquée en raison du renoncement de réels rivaux de M. Di Maio et du gouffre entre ce candidat médiatiquement surexposé et ses adversaires, réduits à indiquer leur programme en quelques lignes sur le blog de Beppe Grillo.

“La piètre figure des primaires avec Di Maio comme candidat unique (…) n’est pas seulement le symptôme d’un déficit de démocratie” au sein du M5S, observe Il Fatto Quotidiano, quotidien italien pourtant le plus favorable au mouvement.

Ses sondages flatteurs et ses succès aux élections locales cachent en effet une réalité bien plus complexe.

D’une part, Beppe Grillo a tenu son mouvement d’une main de fer, expulsant tous les dissidents et contestataires, mais les plaintes devant les tribunaux s’accumulent contre le comique, qui semble fatigué de sa créature.

– Grillo s’en va? –

Pour cette raison le candidat au poste de Premier ministre sera également “chef politique” du mouvement, Beppe Grillo se limitant à en être “le garant”, une confusion qui désoriente les militants de la première heure.

Et si le M5S accède au pouvoir, il sera lié par le “programme pour l’Italie écrit par les Italiens”, publié sur le blog de Beppe Grillo et dont, selon la terminologie du mouvement, les dirigeants ne sont que les “porte-parole”.

Ce programme voté par les militants prévoit notamment un passage à 100% d’énergies renouvelables à l’horizon 2050, le développement public de l’internet à très haut débit et la dénonciation des “privilèges” des syndicats.

Le mouvement est cependant coutumier des brusques revirements: ainsi, le référendum anti-euro réclamé à grands cris il y a deux ans et le revenu minimum universel un temps en tête de son programme sont passés à la trappe, tout comme l’opposition au président russe Vladimir Poutine affichée au temps du procès des Pussy Riot.

Mais si le mouvement fondé en 2009 a créé la surprise en récoltant 25% des voix lors de sa première participation aux législatives en 2013, il semble pour l’instant difficile qu’il transforme l’essai pour accéder au pouvoir en 2018.

En effet, le mode de scrutin italien, essentiellement proportionnel, promet pour l’instant un Parlement divisé entre trois pôles (centre-gauche, centre-droit et M5S), alors que le M5S a toujours refusé toute alliance avec les partis traditionnels.

AFP

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