Les Bulgares votent pour sortir de l’impasse sur fond de forte abstention

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Les Bulgares votaient dimanche pour la deuxième fois en trois mois dans l’espoir que ces législatives, marquées par une forte abstention, permettent de sortir de la crise politique.

Sur toutes les lèvres, une seule question: les partis vont-ils cette fois s’entendre pour former une coalition?

De l’avis des experts, l’ancien Premier ministre conservateur Boïko Borissov “ne gouvernera pas car il est isolé”, même si sa formation Gerb devait ressortir en tête.

Le précédent scrutin a en effet signé la fin d’une ère entamée en 2009.

Malgré 26% des voix, cet ex-garde du corps, qui a marqué de sa longévité l’histoire post-communiste bulgare, n’avait pu trouver de partenaire, tandis qu’émergeait une nouvelle force politique, menée par un populaire chanteur et animateur de télévision, Slavi Trifonov.

– “Que nos enfants n’émigrent pas” –

Fragilisé par des manifestations massives durant l’été 2020, M. Borissov, 62 ans, a encore perdu du terrain depuis, face au flot de révélations du gouvernement intérimaire sur la corruption qui gangrène ce pays – le plus pauvre de l’Union européenne.

“Quel chaos ils ont semé!”, a-t-il dénoncé en votant à la mi-journée, en chemise jaune et jean, s’estimant ciblé et menacé par les enquêtes.

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Selon les derniers sondages, son parti Gerb se trouve au coude-à-coude avec le parti anti-système de M. Trifonov, 54 ans, qui avait créé la surprise en se plaçant deuxième en avril (17,6%). Tous deux sont à présent crédités de 20 à 21% des voix.

A 16H00 (13H00 GMT), le taux de participation était de seulement 27,2%, contre 40% le 4 avril à 17H00, selon la Commission électorale.

En cause: les nombreux “départs en vacances” et l’installation de machines à voter dans la plupart des bureaux qui a pu décourager “les électeurs âgés ou illettrés”, a commenté Julius Pavloff, directeur du Centre d’analyses et marketing à Sofia, contacté par l’AFP.

Dans la capitale, les électeurs oscillaient entre optimisme et résignation.

Victoria Nikolova, 34 ans, est venue voter avec son mari et ses deux fillettes “pour que la corruption diminue”. Son voeu, dans ce pays dépeuplé: “que nos enfants n’émigrent pas quand ils seront grands”.

Mais Yulian Lazarov, journaliste de 40 ans, dit “ne plus espérer de changement positif”. “Rien ne change jamais dans ce pays”, souffle-t-il.

– “Nouveaux visages” –

La formation de M. Trifonov, appelée “Il y a un tel peuple” (ITP), refuse toute coopération avec les partis traditionnels à la réputation entachée, dont les socialistes et le parti de la minorité turque (MDL).

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En revanche, elle s’est dite prête à négocier avec les représentants de ceux qui sont descendus dans la rue à l’été 2020 et sont galvanisés par le vent du changement: Bulgarie démocratique (droite), qui pourrait réunir 12% des voix, et Debout! Mafia dehors (gauche, autour de 5%).

“Il est temps d’achever ce que nous avons commencé et de changer entièrement le modèle de gouvernance”, a lancé Slavi Trifonov sur Facebook, qui veut, en cas de victoire, faire appel à “des jeunes, de nouveaux visages”.

Crâne rasé et lunettes noires, “Slavi”, comme l’appellent les Bulgares, a mené une campagne très discrète et a priori ne briguera pas le poste de Premier ministre.

Les trois forces réunies n’obtiendraient toutefois que 100 à 110 sièges sur les 240 du Parlement, d’après le décompte des instituts d’analyse qui laisse augurer d’un paysage morcelé.

– “Lassitude de l’opinion” –

Les analystes mettent en garde contre “la fatigue de l’opinion publique” en cas de nouvelles élections, selon les termes de Boriana Dimitrova, directrice de l’institut Alpha Research.

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“Les partis s’en rendent compte et feront un effort pour former un gouvernement”, a-t-elle dit dimanche sur la chaîne de télévision bTV, alors que le fondateur de Bulgarie démocratique, Hristo Ivanov, appelait à “tourner une nouvelle page”.

Pour ce nouveau scrutin, le gouvernement intérimaire s’en est pris à une vieille pratique, celle de l’achat de voix par les partis politiques, qui concerne entre 5% et 19% des suffrages, selon l’ONG Anticorruption Fund.

Plus de 900 personnes ont ainsi été interpellées ces dernières semaines car elles auraient tenté de soudoyer des électeurs, notamment dans les milieux défavorisés.

Les bureaux ferment à 20H00 (17H00 GMT), les premières estimations étant attendues peu après.