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Les Etats-Unis ont achevé leur retrait d’Afghanistan

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L’armée américaine s’est totalement retirée d’Afghanistan dans la nuit de lundi à mardi, laissant le pays aux mains des talibans, leurs ennemis de 20 ans, au terme de la plus longue guerre menée par les Etats-Unis.

Accompagnant ce moment historique, douloureux pour le président Joe Biden, des coups de feu vainqueurs ont éclaté à Kaboul, les talibans célébrant leur prise de contrôle de l’aéroport de la capitale afghane.

“Nous avons écrit l’Histoire”, s’est félicité un responsable taliban, une fois parties les dernières forces américaines au terme de deux semaines d’opérations d’évacuations précipitées, voire chaotiques.

“Le dernier avion (de transport militaire) C-17 a décollé de l’aéroport de Kaboul le 30 août” à 19H29 GMT, juste avant minuit à Kaboul, a déclaré à Washington le général Kenneth McKenzie, qui dirige le commandement central américain dont dépend l’Afghanistan.

Le retrait militaire de Washington s’est donc achevé 24 heures avant la fin de la journée du 31 août, date butoir fixée par le président Biden, qui s’adressera mardi aux Américains.

“Si les évacuations militaires sont terminées, la mission diplomatique continue pour s’assurer que davantage de citoyens américains et d’Afghans éligibles voulant partir, le puissent”, a ajouté le général McKenzie.

Le Pentagone a reconnu lundi n’avoir pas pu faire sortir d’Afghanistan autant de personnes que voulu, s’attirant de vives critiques de l’opposition républicaine. “Nous n’avons pas pu évacuer tous ceux que nous voulions évacuer”, a dit le général McKenzie, précisant que les évacuations s’étaient terminées “environ 12 heures” avant le retrait final.

– Pont aérien géant –

Depuis le 14 août, sur une période de 18 jours, les avions des Etats-Unis et de leurs alliés ont évacué par un gigantesque pont aérien plus de 123.000 civils de l’aéroport international Hamid Karzai, selon le Pentagone.

Ces opérations risquées ont été endeuillées par un attentat-suicide perpétré le 26 août et revendiqué par l’État islamique au Khorasan (EI-K), qui a fait plus d’une centaine de morts, dont les 13 militaires américains.

L’urgence dans laquelle s’est opéré le retrait américain –ainsi que le rapatriement des diplomates et des ressortissants de nombreux pays– s’explique par le fait que les talibans ont pris de court Washington et l’Occident dans une offensive éclair pour reprendre possession de l’Afghanistan.

Le gouvernement central et l’armée régulière de ce pays, instable depuis des décennies, se sont effondrés en une dizaine de jours. Kaboul est tombée le 15 août. Washington a admis ne pas avoir anticipé cette débâcle.

Les forces américaines étaient entrées en Afghanistan le 7 octobre 2001 pour chasser du pouvoir les talibans, en raison de leur refus de livrer le chef d’Al-Qaïda, Oussama Ben Laden, après les attentats du 11 septembre.

Le retour des islamistes au pouvoir a obligé les Occidentaux à évacuer dans la précipitation depuis l’aéroport de Kaboul leurs ressortissants et des Afghans susceptibles de subir des représailles de la part des talibans, notamment pour avoir travaillé pour les forces étrangères.

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Alors que le retrait militaire entamé à la mi-avril s’était déroulé sans anicroche et qu’il ne restait plus qu’un millier de soldats américains à Kaboul en prévision du retrait annoncé le 31 août, le président Joe Biden a dû renvoyer des milliers de soldats dans la capitale afghane pour évacuer les diplomates américains qu’il pensait pouvoir laisser sur place.

La victoire des talibans et la fuite du pays du président Ashraf Ghani ont provoqué la panique à Kaboul. Des milliers d’Afghans ont envahi le tarmac de l’aéroport de Kaboul pour fuir le nouveau régime taliban, certains se sont agrippés follement à des avions militaires en train de décoller, pour tomber dans le vide quelques minutes plus tard.

L’armée américaine, qui a dit avoir déjoué dimanche un attentat à la voiture piégée et contré lundi des tirs de roquettes sur l’aéroport de Kaboul, est restée très discrète sur la fin du retrait, par souci de sécurité. Le dernier appareil américain a décollé en pleine nuit, loin des caméras.

Les Etats-Unis déplorent quelque 2.500 morts et une facture de 2.313 milliards de dollars en 20 ans, selon une étude de la Brown University. Ils ressortent de cette guerre avec une image encore plus écornée par leur incapacité à prévoir la rapidité de la victoire talibane et par leur gestion des évacuations.

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M. Biden a justifié sa décision de retirer les troupes américaines par son refus de faire perdurer plus longtemps cette guerre et par le fait que leur mission avait été accomplie avec la mort de Ben Laden, tué par les forces spéciales américaines en 2011 au Pakistan.

Lors de leur précédent passage au pouvoir entre 1996 et 2001, les talibans avaient imposé une version ultra-rigoriste de la loi islamique. Les femmes ne pouvaient ni travailler ni étudier, voleurs et meurtriers encouraient de terribles châtiments.

Les islamistes se sont efforcés depuis leur retour au pouvoir d’afficher une image d’ouverture et de modération qui laisse néanmoins sceptiques de nombreux pays et observateurs.