Les Etats-Unis prêts à parler à l’Iran “sans conditions préalables”

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Les Etats-Unis de Donald Trump ont fait dimanche un nouvel appel du pied en direction de l’Iran, assurant être prêts à entamer un dialogue “sans conditions préalables” mais sans toutefois renoncer à leurs sanctions.

C’est en Suisse, pays qui représente les intérêts américains en Iran en l’absence de relations diplomatiques entre les deux pays ennemis, que le secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo, réputé être un faucon sur ce dossier, a semblé assouplir légèrement la position de Washington après des semaines d’escalade des tensions.

“Nous sommes prêts à engager une discussion sans conditions préalables. Nous sommes prêts à nous asseoir autour d’une table avec eux”, a-t-il assuré lors d’une conférence de presse avec son homologue suisse Ignazio Cassis dans l’impressionnant site médiéval de Castelgrande, niché dans les Alpes à Bellinzone, chef-lieu du canton italophone du Tessin.

Il répondait au président iranien Hassan Rohani, lequel a affirmé samedi que des négociations avec les Etats-Unis ne pourraient se tenir que dans le “respect” et pas en réponse à un “ordre” américain.

Relativisant lui-même son ouverture, Mike Pompeo a toutefois aussi prévenu que “l’effort américain visant à stopper radicalement les activités néfastes de la République islamique et de sa force révolutionnaire” se poursuivrait. Autrement dit, Washington n’entend pas alléger sa campagne de “pression maximale” sur Téhéran.

De même, il a réitéré que cette “discussion” avec les dirigeants iraniens ne pourrait en fait avoir lieu que s’ils décident de “se comporter comme une nation normale”.

C’est néanmoins la première fois que l’administration Trump, qui s’est retirée il y a plus d’un an de l’accord international sur le nucléaire iranien et multiplie depuis les sanctions économiques et la pression diplomatique et militaire pour faire plier son ennemi numéro un, dit aussi clairement qu’elle est prête à engager le dialogue sans conditions préalables.

– La Suisse “intermédiaire” –

Mike Pompeo avait énoncé il y a un an douze conditions draconiennes pour conclure un “nouvel accord” avec l’Iran, notamment en matière de restrictions à son programme nucléaire de frein à son influence jugée “déstabilisatrice” au Moyen-Orient. De l’aveu même de la diplomatie américaine, aucune n’a été remplie à ce jour.

Depuis, les Etats-Unis n’ont pourtant fait que renforcer leur pression, allant jusqu’à déployer un navire de guerre, un porte-avions et des bombardiers B-52 après avoir dénoncé il y a un mois des menaces d’attaques “imminentes” de la part des forces iraniennes ou de leurs alliés contre des intérêts américains dans le Golfe.

Mais ces derniers jours, le président Trump a semblé vouloir baisser d’un ton, se disant à plusieurs reprises prêt à parler aux dirigeants iraniens qui ont toutefois jusqu’ici toujours rejeté cette offre de dialogue.

“Ce que nous voulons, c’est l’absence d’armes nucléaires. Je ne veux absolument pas nuire à l’Iran”, a-t-il assuré.

La Suisse s’est dit prête à jouer les “intermédiaires” entre les deux pays. Mais nous ne pouvons pas être “des médiateurs s’il n’y a pas de volonté de chaque côté”, a souligné Ignazio Cassis.

Se disant inquiet face aux tensions actuelles et à la “grande souffrance” causée par les sanctions américaines, il a appelé Washington à identifier un “canal” financier pour que les Iraniens puissent acheter des biens humanitaires sans encourir le risque de mesures punitives des Etats-Unis.

Mike Pompeo n’a pas directement répondu à cette demande. Il a au contraire une nouvelle fois haussé le ton contre Téhéran, ce qui laisse présager que le chemin vers des négociations pourrait être encore long et semé d’embûches.

“Les vrais défis en Iran ne sont pas provoqués par nos sanctions économiques, ils sont provoqués par 40 ans de régime islamique qui ne prend pas soin de sa population mais qui préfère utiliser ses ressources pour détruire des vies”, a-t-il martelé.

Les deux hommes ont en revanche préféré rester discrets en publics sur les efforts, menés notamment via la Suisse, pour obtenir la libération de la poignée d’Américains détenus en Iran. Le secrétaire d’Etat a simplement dit qu’il s’agissait d’une priorité de Donald Trump, et que l’aide de tout pays était bienvenue.