Les praticiens, inquiets pour l’avenir de la relation patients-médecins

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Selon une étude de l’observatoire de la santé du futur, les Français comme leurs médecins sont optimistes quant aux progrès en matière de santé. Mais le futur de la relation patients-médecins inquiète tout de même les praticiens.

L’observatoire de la santé du futur de l’institut Viavoice et du groupe VYV vient d’être publié, et révèle les espoirs et les inquiétudes des Français et leurs médecins au sujet à la recherche médicale. L’étude d’opinion, réalisée auprès d’un échantillon grand public de 1200 personnes de 300 médecins, montre que 70 % des interrogés, Français comme professionnels, estiment que « le progrès scientifique et technologique en matière de santé n’a jamais été aussi prometteur, et devrait même s’accélérer ». Néanmoins, les praticiens sont inquiets quant aux disparités qu’il pourrait engendrer entre eux et les patients.

« Distanciation » voire « déshumanisation »

En effet, c’est sur l’avenir de la relation patients-médecins que ces derniers se montrent préoccupés : ils sont 52 % contre 37 % du grand public à penser que « la proximité et la confiance entre médecins et patients risquent de se détériorer dans les années à venir ». Ils évoquent notamment le risque de « distanciation » voire de « déshumanisation » impulsée par les nouveaux outils numériques, qui poussent notamment à de l’automédication. Les médecins sont également davantage inquiétés par la numérisation de certaines données personnelles (47 %) que le grand public (34 %). Ils sont enfin 66 % contre 58 % des Français à considérer que « le secret médical sera plus difficile à faire respecter qu’avant » avec le développement des nouvelles technologies.

Toujours selon l’étude, les Français redoutent également un nouveau désert médical, cette fois-ci numérique, pour tous ceux qui n’y auraient pas accès pour des raisons de coûts ou de complexité des outils.

Des évolutions toutefois bénéfiques

Mais le tableau n’est pas tout noir. L’enquête révèle notamment que pour 63 % du grand public et 69 % des médecins, les évolutions à venir seront « bénéfique[s] pour eux-mêmes comme pour leurs proches ». Selon les interrogés, les principaux progrès seront liés à la recherche. De grands espoirs sont placés dans les traitements des maladies graves comme les cancers, Alzheimer ou le Sida. Pour la majorité, vaincre ces pathologies serait possible dans les années à venir.

La population et les médecins français interrogés se disent également prêts à recourir à la médecine prédictive. Deux tiers du grand public pensent que les progrès de la génétique constituent « un des principaux espoirs pour demain », pour 66 % des praticiens. Seuls respectivement 19 % et 18 % n’ont « pas envie de savoir à l’avance les maladies qu’ils pourraient avoir dans les années à venir ».

Enfin, les attentes techniques sont fortes pour 37 % du grand public et 28 % des médecins. Ils estiment que les offres de soins se trouveront améliorées par les nouvelles technologies. L’étude cite notamment l’aide de la robotique pour les personnes dépendantes, les impressions 3D, l’intelligence artificielle ou les nanotechnologies, qui n’en sont pour le moment qu’à leur début.

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