Loft Story : Un candidat, ex-toxicomane et bipolaire

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En 2009, Gabriel Julien participait à Loft Story, saison 6. Un deuxième jeu télé puisqu’il avait déjà, deux ans auparavant été candidat dans Occupation double, émission de télé-réalité québécoise dont il était ressorti gagnant. Onze ans après avoir fait le show à la télévision française, Gabriel Julien donne de ses nouvelles à nos confrères du Journal de Montréal.

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Durant des années, toxicomanie et alcool ont fait partie intégrante du quotidien du Canadien de 36 ans. Au fil du temps, et alors qu’il est sujet aux psychoses, Gabriel Julien a appris qu’il souffrait de bipolarité en 2011. Après un séjour en institut psychiatrique, il a lancé Je marche pour la santé mentale. Le projet est simple : le trentenaire parcourt chaque rue de Montréal à pied depuis le 18 mai 2019 dans le but de sensibiliser, notamment à travers son témoignage, aux problématiques liées à la maladie mentale. “L’activité physique fait tellement de bien pour la santé mentale, confie-t-il. Alors, si je peux marcher et inspirer les gens à faire de même, à bouger et à être actifs, c’est super !

Sans ma famille, je serais mort

Gabriel Julien revient de loin. Lui qui apporte désormais son aide aux malades a longtemps souffert. Il a notamment fait quatre psychoses à cause de sa bipolarité, mêlée à sa consommation de cocaïne et d’alcool. “Lorsque j’étais au Mexique, en pleine crise, on a dû m’attacher et me transférer dans une clinique afin que je reprenne mes esprits, avant de pouvoir me faire revenir en hélicoptère, se souvient-il. Il faut savoir que tout le monde peut faire une psychose. Quand on ne dort pas durant plusieurs jours et qu’on consomme des drogues, notre corps finit par exploser.

Aujourd’hui, tout est fini. “Il y a eu beaucoup de plaisir associé à cette période. Mais avec l’âge, on réalise que tout ça, incluant les relations qu’on noue, c’est éphémère et que, au final, ça ne fait que nous remplir de tristesse. Quand on consomme, toutes les émotions sont exacerbées, mais ce n’est pas la vraie vie, prévient-il. L’envers de ce plaisir est très difficile. C’est un combat qui sera là toute ma vie. Il m’arrive occasionnellement de consommer de l’alcool, mais il n’y a évidemment plus de cocaïne.

Et c’est parce qu’il est bien entouré qu’il a réussi à sortir la tête de l’eau. “Sans ma famille, je serais mort“, assure-t-il. Durant sa guérison, Gabriel Julien s’est redécouvert. “Mon nouveau moi me permet de m’aimer et d’aider les autres. C’est moins de stress, moins d’anxiété. Mon amour-propre, je ne tente plus de le trouver ici et là ; il est ici, avec moi, maintenant“, conclut-il.