LREM recherche candidat intensément après le retrait de Griveaux des municipales à Paris

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La République en marche (LREM) et ses alliés centristes poursuivent samedi leurs intenses tractations pour trouver au plus tôt une nouvelle figure de proue dans la course à la mairie de Paris, après “la déflagration” du retrait de l’ex-porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux, à un mois du premier tour.

“Ce qui s’est passé hier, c’est évidemment une déflagration dans notre campagne, une déflagration pour notre démocratie”, a déclaré Stanislas Guerini le délégué général d’En marche à son arrivée samedi au siège du parti qui était déjà en perte de vitesse dans les sondages face à la maire socialiste Anne Hidalgo et la candidate LR Rachida Dati.

La veille, Benjamin Griveaux, l’un des lieutenants du chef de l’Etat dans la campagne présidentielle, avait annoncé à l’AFP et à BFM Paris qu’il jetait l’éponge après la diffusion d’une vidéo sur les réseaux sociaux montrant un homme se masturbant et que le diffuseur lui a attribué.

Les réunions au siège de LREM ont repris à 11H00 avec l’idée de trouver un nouveau chef de campagne “rapidement et collectivement”, a déclaré Stanislas Guerini. Le parti a pour objectif de trouver un nouveau candidat d’ici lundi, voire dès samedi, a dit à l’AFP un cadre.

Un bureau exécutif sera organisé en fin de journée pour un point d’étape, à l’approche de la date limite du 27 février pour le dépôt des listes.

Parmi les noms cités pour remplacer Benjamin Griveaux, figurent celui de l’ex-ministre Mounir Mahjoubi qui s’est dit “disponible”, ou le porte-parole du groupe LREM au Sénat Julien Bargeton qui s’est proposé. Son homologue à l’Assemblée Sylvain Maillard est également cité.

“Mon projet reste ouvert à toutes celles et ceux qui souhaitent l’alternance à Paris sur la base des valeurs progressistes, écologiques, que je défends depuis le début”, a souligné vendredi l’ex-LREM Cédric Villani, répondant à une question sur une éventuelle fusion de ses listes avec celles de LREM.

Marlène Schiappa, la secrétaire d’Etat chargée de l’Egalité femmes-hommes, a d’ores et déjà annoncé qu’elle ne serait pas candidate. Et la ministre de la Santé Agnès Buzyn aurait également décliné.

– “Menace contre la démocratie” –

Benjamin Griveaux restera comme le premier homme politique français à tomber pour une “sex tape” le visant, déclenchant un vif débat dans le pays sur la protection de la vie privée. Aux Etats-Unis ou au Royaume-Uni, des ministres ou des candidats y avaient été contraints après la publication de photos compromettantes ou de révélations de liaisons extraconjugales.

Depuis 2016 et l’adoption de la loi “pour une République numérique”, la diffusion de “revenge porn” ou “vengeance pornographique” est passible de deux ans d’emprisonnement et 60.000 euros d’amende en France.

L’artiste contestataire russe Piotr Pavlenski, qui avait incendié la façade d’une succursale de la Banque de France en 2017, a affirmé avoir mis en ligne cette vidéo. Selon Libération qui lui a parlé, il affirme la tenir “d’une +source+ qui avait une relation consentie avec Benjamin Griveaux”.

La séquence a été publiée “sur un site clandestin sans mention légale, hébergé aux États Unis, lié dit-on, à un activiste russe”, a commenté l’avocat Richard Malka, conseil de Benjamin Griveaux, qui lui a demandé “d’engager des poursuites contre toute publication” qui ne respecterait pas sa vie privée.

De LFI au RN, les principaux responsables politiques ont condamné, quasiment unanimement, la diffusion sur le web de cette vidéo intime, y voyant une “menace contre la démocratie” à l’heure des réseaux sociaux tout puissants.

Les membres du gouvernement ont serré les rangs derrière l’ex-candidat, victime d’une campagne de “boules puantes”.

L’ex-porte-parole du gouvernement a indiqué à l’AFP avoir eu le soutien d’Emmanuel Macron “quelle que soit sa décision”, en l’invitant à protéger les siens.

Interrogé à Munich sur les risques de manipulations lors de la prochaine présidentielle, le chef de l’Etat a déploré que “des acteurs privés utilisent des technologies de +deep fake+, manipulent, pénètrent, diffusent de l’information à très grande vitesse de toutes natures, sans traçabilité, dans des systèmes démocratiques hypermédiatisés où tout se sait tout de suite, avec un effet d’émotion et d’intimidation”.

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