M. Pokora, Vitaa, Patrick Bruel… privés de scène, un soutien de taille va dans leurs sens

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Beaucoup avaient l’espoir, qu’au sortir de l’été, les spectacles reprendraient, notamment les concerts. Mais nombreux sont ceux à avoir dû faire face à de nouvelles interdictions et à des reports de tournée. M. Pokora fait partie de ceux-là et n’a pas hésité à partager son ras-le-bol sur les réseaux sociaux, sensibilisant l’Etat sur le fait que ces spectacles à l’arrêt pénalisent de nombreuses familles, tous ceux qui oeuvrent pour l’organisation des concerts. Même discours du côté du duo Vitaa & Slimane. Patrick Bruel a exprimé son immense déception, même émotion chez Florence Foresti. “En France, 75 % des spectacles sont produits par des producteurs indépendants. Le groupe que je dirige [Fimalac] appartient à ce secteur privé de la culture qui rassemble des acteurs très divers, ceux-ci assumant à leur façon une mission d’intérêt général, car c’est grâce à eux que des millions de Français, notamment en région, peuvent accéder dans les meilleures conditions à leurs artistes favoris“, rappelle Marc Ladreit de Lacharrière dans sa tribune publiée par Le Monde, du lundi 12 octobre 2020.

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Demain, si les spectacles reprennent, qui sera encore là pour produire les artistes si les entreprises ont été condamnées à la ruine ?“, s’interroge le PDG et fondateur du groupe Fimalac (médias numériques, hôtellerie et casinos, finance…), qui comprend le pôle Fimalac Entertainment (production de spectacles…). S’il sait que la ministre de la Culture Roselyne Bachelot a promis, dans une interview accordée au Monde au début du mois de septembre, que “L’Etat n’abandonnera personne“, Marc Ladreit de Lacharrière souhaite plus des hautes instances dirigeantes. Tous deux se sont récemment vus (à la fin du mois de septembre), pour la réouverture du théâtre Marigny, à Paris.

Il y a urgence

Dès le début de la pandémie, nous avons bien sûr pris les choses en main. Nous avons soutenu financièrement nos sociétés de production et nos salles de spectacle. J’ai également pris la décision, dès cet automne, de rouvrir nos théâtres, affrontant le risque du déficit commercial, pour soutenir nos artistes et rendre au public ses salles. J’y ai vu aussi un devoir de citoyen, soutient l’homme d’affaires, qui veut que les spectacles continuent de faire partie de notre quotidien, malgré tout. Cependant, cette crise révèle, dans nos règles et notre droit, des lacunes qui aujourd’hui pénalisent gravement le secteur privé de la culture. Nul autre que l’Etat ne peut combler ces lacunes.” Et pour le dirigeant de Fimalac Entertainment, “il y a urgence“. Il appelle à “définir un droit unique qui protège le producteur de spectacles“. “Le producteur finance la création du spectacle et devrait avoir une juste rémunération pour la diffusion de ces contenus sur l’ensemble des médias disponibles aujourd’hui. Il n’est pas normal, alors même que l’industrie phonographique détient des droits légitimes quand il s’agit d’un disque qu’il contribue à financer, que le producteur de spectacles ne soit pas un ayant droit pour le spectacle qu’il finance !“, déplore-t-il.

Marc Ladreit de Lacharrière conteste également la rémunération des artistes et souhaiterait un système plus avantageux pour eux : “Le public, privé de scène, les a écoutés en streaming, mais le système de redistribution est inique : lorsque vous payez un abonnement pour consommer de la musique via une plate-forme, le prix de votre abonnement ne revient pas directement aux artistes que vous avez réellement écoutés, mais est redistribué au prorata des écoutes globales de cette plate-forme. Un fidèle auditeur de variété française rémunère ainsi des artistes de rap américains, car leur audience est très large. C’est anormal et cela doit cesser.

Des règles plus drastiques que nulle part ailleurs !

Dernier point de mécontentement – et il rejoint en cela de nombreux artistes -, Marc Ladreit de Lacharrière ne comprend pas la fermeture des salles de spectacles en raison de la distanciation sociale : “Nos spectateurs arrivent en transports en commun – où la distanciation est une illusion – et sont soumis dans nos salles à des règles plus drastiques que nulle part ailleurs ! Il faudrait déléguer aux professionnels du spectacle l’application de normes sanitaires adaptées et responsables. C’est ce qui fut fait avec les normes de sécurité après les tragiques attentats du Bataclan, et nul n’a eu à s’en plaindre.” “Si des réponses adaptées sont apportées, ce n’est pas le public ou le privé qui y auront gagné, mais la France et la culture française, que nous avons aujourd’hui l’opportunité de faire sortir plus forte de cette crise historique“, conclut-il sa tribune, avec l’espoir d’une sortie de crise.