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Mai Lan Chapiron victime d’inceste, témoigne : “Ce que ça fait sauter dans la tête d’un enfant…”

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Enfin un livre pour enfants sur l’inceste. Dans son album jeunesse, Mai Lan Chapiron se surnomme “Miette” : ce qui est “petit, brisé, fragile, mignon”. Pour écrire Le Loup (La Martinière), l’artiste a dû se remettre “dans la peau de cette enfant“, comme elle le confie tendrement au détour d’un portrait pour Libération paru le mercredi 22 septembre 2021. Née dans une famille “géniale” et parisienne, la fillette passionnée de dessin qu’elle était voit son monde s’écrouler lorsque son grand-père maternel la touche. Elle n’a alors que 7 ans.

“On était tout le temps chez eux et c’était super. Jusqu’à ce moment là. Tout à coup, je ne savais plus trop (…) Ce qui est violent, c’est ce que ça fait sauter dans la tête d’un enfant”, se souvient Mai Lan Chapiron. Comme la grande majorité des victimes, elle ne dit rien. Il ne faudrait surtout pas “bousculer l’harmonie familiale”. Grandit alors en elle “ce truc-là”, cette boule dans le ventre qui grandit et déclenche ces crises.

L’inceste, “une lourdeur constante”

Mai Lan Chapiron fait alors un chemin énorme pour une fille de son âge, et, à 13 ans, décide d’en parler à sa mère, qui lui répond : “Moi aussi”. “J’ai compris qu’il y avait une faille, elle qui ne semblait pourtant en avoir aucune. J’ai senti que personne ne le savait, ni ne le saurait jamais. Comme une invitation au silence“. En découle aujourd’hui une peur ancrée et traumatisante de “ne pas être entendue“.

Mai Lan Chapiron, descendante de Kiki Picasso et donc forcément artiste, est parvenue à construire une belle carrière, notamment dans la musique. Son titre Gentiment, je t’immole figure sur le film d’horreur de son frère, Kim Chapiron. Dans ses textes, la jeune femme parle notamment de ses traumatismes. Le tout grâce à une analyse réalisée en 2015. “J’ai toujours identifié ce problème-là comme un problème majeur, mais je n’avais pas réalisé à quel point il était énorme et colorait tout le reste de ma vie. C’était comme une espèce de lourdeur constante. Tout d’un coup, ça m’a sauté aux yeux, ce que décrit How [sa chanson, NDLR] c’est un sentiment d’insécurité, comme être enfermée avec son prédateur“, relate l’artiste, qui a depuis confronté son grand-père à ses actes criminels. En attendant la naissance de son deuxième enfant, une petite fille, Mai Lan Chapiron aime à croire que la honte est vraiment en train de changer de camp.

Retrouvez le portrait de Mai Lan Chapiton en intégralité dans le dernier numéro de Libération.