Mohamed (Top Chef 2021) : “C’est quand je suis dans la merde que je m’en sors le mieux !”

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Top Chef 2021, c’est terminé ! Mercredi 9 juin 2021, M6 a diffusé la grande finale du célèbre concours culinaire. Mohamed Cheikh est ressorti grand gagnant face à Sarah Mainguy. Une belle victoire pour le jeune chef. En interview exclusive auprès de Purepeople.com, le candidat de la brigade d’Hélène Darroze se livre sur son expérience et évoque notamment son moins bon souvenir lors du tournage.

Qu’est-ce que ça fait d’être vainqueur de Top Chef ?

C’est quelque chose d’exceptionnel. Je ne me suis toujours pas rendu compte de ce qui m’est arrivé, il va me falloir du temps. Je suis vraiment très très content, c’est le Graal !

Comment avez-vous vécu la cérémonie des couteaux ?

J’étais assez détendu parce que j’étais très content d’être là. Pour moi c’est déjà une belle victoire d’être arrivé jusque là. C’était un combat acharné. On n’avait pas écrit qui irait au bout de ce concours. Je suis aussi très fier d’avoir toute ma famille, mes proches derrière moi.

Comment ont réagi vos proches ?

Ils étaient très très contents pour moi. Et ma mère était très touchée et c’est ça ma plus belle réussite finalement. J’ai montré que j’étais allé au bout des choses et j’en suis très fier.

D’après vous, qu’est-ce qui a peut-être joué en votre faveur ?

Ce que je peux dire, c’est que j’ai été assez malin dans le menu que j’ai proposé dans le sens où j’ai proposé des produits assez communs mais avec un touche d’originalité. Il y avait des clients de tous horizons, qui n’avaient pas forcément l’habitude de fréquenter de grandes tables. J’ai l’expérience, j’ai été amené à gérer des services de 300 couverts, le flux je maîtrise. Dans l’organisation, dans le temps, ça m’a peut-être aidé.

Comment avez-vous vécu votre première expérience télé ?

Au début, c’était très compliqué de cuisiner et de parler en même temps. Pendant toute l’épreuve, on doit parler de ce que l’on fait alors qu’au montage ils ne gardent qu’une ou deux minutes. Puis, après on se prend au jeu. C’était devenu un amusement et je disais plein de conneries.

Qu’est-ce qui a changé dans votre vie depuis la diffusion de l’émission ?

Je suis toujours la même personne et je ne changerai pas. Je garde mes valeurs, ma philosophie de vie, ma façon de voir les choses. Après ce qui a changé c’est que je ne peux pas faire 100m sans être arrêté, c’est drôle. J’étais à Trouville le week-end dernier, impossible de manger en terrasse tranquillement. Au fond de moi, j’ai un peu plus de confiance professionnelle et d’envie d’aller plus loin. Mais je reste la même personne.

Comment appréhendez-vous l’après Top Chef ?

Je ne sais pas… En fait, il faut le vivre. C’est la folie ! Sur les réseaux sociaux, j’ai plus de 1200 messages, impossible de répondre. J’ai des appels de partout… Je suis tellement fier de ça, finalement. Je ne vais pas m’en plaindre au contraire. Être considéré par la France entière, c’est tellement exceptionnel !

Qu’est-ce qui a changé dans votre cuisine ?

Je dirais que je vais plus assumer ce que j’aime. Pendant longtemps je me suis caché d’aimer la cuisine méditerranéenne. Je n’ai pas voulu aller sur ce chemin parce que je m’appelle Mohamed Cheikh. Je me suis rendu compte que c’est quelque chose que je porte, que c’est dans mes tripes. Et je sais pourquoi je fais cette cuisine, il y a une histoire, tout est lié. Et c’est là où je suis le meilleur. Il faut que j’en profite et que je mette mon âme dans ce que je fais. A partir de maintenant, je suis à fond sur le sujet.

Quel est votre meilleur souvenir ?

Franchement, il y en a beaucoup. C’était extraordinaire, du début à la fin. Je suis passé par toutes les émotions. J’ai fait des rencontres exceptionnelles, j’ai vécu le dépassement de soi, la tristesse, la joie… C’était merveilleux. Mais des moments restent inoubliables comme la rencontre avec Pierre Gagnaire. C’était un moment un peu hors du temps. Dans ma vie professionnelle, je pourrais dire qu’on a cuisiné ensemble. Quand Arnaud Donckele me dit que ma sauce est extraordinaire, ça me touche beaucoup. L’épreuve de la boîte noire, lorsque Gilles Goujon me dit que je ne suis pas trop couillon parce que j’ai découvert pas mal de produits… La guerre des restos avec Matthias, c’était lourd aussi, on a bien rigolé ! Tout était top pour moi.

Quel est votre pire souvenir ?

Les débuts, c’était très très chaud. J’avais l’impression qu’Hélène Darroze m’en voulait alors que ce n’était pas le cas. Je ne comprenais pas pourquoi c’était moi qu’on envoyait au casse-pipe alors que je n’avais pas fauté. Et puis, au début on est un peu tremblant, on se dit qu’on vient d’arriver et que ce n’est pas le moment de partir. C’était là les pires moments. J’ai eu très très chaud à l’épreuve du lait, produit que je déteste. Je suis passé à deux doigts de la catastrophe. C’est souvent quand je suis dans la merde que je m’en sors le mieux finalement. C’est valable dans la vie, ça.

Quels rapports entretenez-vous aujourd’hui avec Hélène Darroze ?

On a appris à se connaître, s’apprivoiser et s’apprécier au fil du temps. C’est vraiment une grande dame. J’ai beaucoup de respect pour elle. Je le dis très sincèrement, je pense que si elle n’avait pas été là, je n’aurais pas été au bout. Quand je suis arrivé dans le concours pour être sincère, ce n’est pas elle que j’avais choisie comme chef. Mais si c’était à refaire, je la prendrais. C’est une femme, elle m’a poussé dans mes retranchements, elle a toujours été de bons conseils… C’est une très très belle personne. On a appris à partager ensemble et on le voit à la fin. Quand j’ai gagné, elle m’a fait un câlin très sincère.

Quel chef aviez-vous choisi au départ ?

A la base, je voulais aller avec Paul Pairet. Parce que je trouve qu’il me ressemble un peu : la joie de vivre, le second degré… Et c’est un très très bon cuisinier aussi.

Qu’allez-vous faire avec l’argent gagné ?

Alors après impôt déjà, il restera beaucoup moins. Je ne suis pas de la jet-set, clairement. Ça va me servir à des projets. Ce sont mes parents qui m’ont permis d’être ce que je suis. Ils se sont privés pour moi, que ce soit pour m’acheter des vêtements, professionnels ou pas, ou encore pour m’emmener en voyage et me faire découvrir des choses, faire grandir mon cerveau. J’ai promis à mon tour d’emmener ma mère en voyage, prendre soin d’elle. Et si je peux aider mes parents dans leur quotidien – parce que ce n’est pas toujours rose -, je le ferais. L’objectif est aussi de financer un projet pour continuer. Ce ne sera pas pour acheter des bagnoles, faire le kéké… Ce n’est pas du tout ma philosophie.

Quels sont vos projets ?

Je suis quelqu’un qui fait par étape. Je dis toujours qu’avant d’arriver au sixième, il faut passer par le premier. Je monte les marches les unes après les autres. Je me laisse porter par le vent, je n’ai pas de ligne de conduite. Du jour au lendemain, on fait une rencontre et puis le circuit s’inverse. Donc oui j’ai des projets, je suis passionné par ce métier. Je suis cuisinier et je le resterai. J’aimerais avoir mon restaurant à moi, mais la situation est compliquée. Je n’ai pas forcément envie maintenant de prendre des risques. Je vais tâtonner… et j’ai envie de m’amuser. Beaucoup de Français me disent qu’il y en a que pour Paris, de venir à Lyon, Bordeaux, Marseille… J’ai été sollicité dans pas mal d’endroits, même en Suisse ! Je me dis, pourquoi pas kiffer le truc pendant un an et après on verra…

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