Mondial-2018: Angleterre, l’île mystérieuse

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Que vaut cette Angleterre rajeunie? A six mois de la Coupe du monde en Russie, personne n’est capable de répondre à cette question, pas même Gareth Southgate. Deux certitudes toutefois: elle sait défendre et n’a encore pas fait rêver.

“C’est encore un chantier”: avant ou après chaque match, Malte ou bien Brésil, joué abominablement mal ou un peu mieux, le sélectionneur ne cesse de le répéter depuis son arrivée à la tête des “Trois Lions” il y a un peu plus d’un an.

Revenu sans aucune victoire du Mondial brésilien, éliminée piteusement par l’Islande à l’Euro en France, ridiculisée par le limogeage de son nouveau sélectionneur Sam Allardyce au bout de 67 jours en septembre 2016, Southgate avait tout à reconstruire.

En le nommant lui, l’ancien entraîneur des moins de 21 ans anglais, la Fédération a aussi fait le pari de la jeunesse. Au prix parfois de la cohésion, Southgate a lancé quatorze nouveaux internationaux… en quatorze matches. Une stratégie qui pourrait être payante plus tard. Et qui montre surtout que le football anglais, malgré les millions de la Premier League, ne possède pas de grands joueurs à tous les postes.

A vrai dire, exceptés le latéral Walker, le défenseur central Stones, le milieu défensif Dier et l’attaquant vedette Kane, personne ne semble incontournable. Dans l’entrejeu, les places à prendre sont même nombreuses.

“Nous n’avons pas non plus un grand nombre de seniors”, a regretté Southgate après l’Allemagne (0-0), justifiant aussi son appel à la jeunesse. “Nous ne pouvons choisir que parmi 70 joueurs en championnat et certains d’entre eux ne sont plus dans les plans. Donc vous devons regarder qui va pouvoir vous profiter dans les années à venir.”

-Sifflets et moqueries-

En attendant, le Mondial se profile et le mystère reste entier. La qualification n’a en effet pas apporté beaucoup de réponses: les Anglais ont terminé premiers et invaincus certes, mais sortir d’un groupe composé des Slovénie, Slovaquie, Malte, Lituanie et Ecosse n’est pas un grand exploit.

Sur le terrain, le jeu déployé n’a pas satisfait. “Ils sont très bien organisés, et en terme de jeu de transition, c’est l’une des meilleures équipes actuelles. Le pressing, la capacité à se replier (…) et la vitesse de transition, c’est actuellement leur marque de fabrique”, avait analysé le sélectionneur allemand Joachim Löw.

Mais, ce qui les rend difficile à affronter ne les a pas rendu attrayant pour autant. Malgré le prêche de Southgate en faveur d’un certain “courage avec le ballon”, l’Angleterre s’est montrée peu fluide et ennuyeuse. A en dégoûter les fans.

Le soutien populaire a baissé au point de jouer, comme contre la Slovénie (1-0) début octobre, devant un Wembley à moitié vide. Et c’est peu dire que le “Temple du football” s’est lassé de ses protégés. Sifflés, moqués, ces “Trois Lions” ne séduisent pas.

Southgate n’a pas encore trouvé la bonne formule. D’abord concentré sur une défense à quatre dans les qualifications, il a expérimenté avec trois défenseurs contre l’Allemagne (0-0) et le Brésil (0-0) lors des matches amicaux de novembre, un dispositif qu’il entend reconduire en Russie.

Il pourra toutefois y trouver une satisfaction: meilleure défense d’Europe lors des qualifications (deux buts encaissés), l’Angleterre n’a pas pris de but contre l’Allemagne et le Brésil. “Je crois que cela nous donne une base pour construire”, a jugé le sélectionneur. Reste à meubler les pièces. Mais avec quel style?

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