Mort de Pierre Bénichou : le regret de Laurent Ruquier

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Mardi 31 mars 2020, Antoine, le fils de Pierre Bénichou, a livré une bien triste nouvelle à l’AFP. Son papa est mort “dans son sommeil et à son domicile” à l’âge de 82 ans. Un décès qui n’a rien à voir avec le coronavirus, a-t-il précisé. Contacté par Le Parisien, Laurent Ruquier a fait part de sa tristesse face à la disparition de son grand ami.

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Avec le journaliste et sociétaire des Grosses Têtes sur RTL, l’animateur de 57 ans n’a que de bons souvenirs : “C’est vingt ans de fous rires et souvenirs incroyables. On a fait tant d’émissions [des Grosses Têtes, NDLR] ensemble. Avec Olivier de Kersauson aujourd’hui, ce sont les deux derniers grands improvisateurs de la radio, du niveau de Jacques Martin ou de Jean Yanne. Pierre, c’était un personnage ! Un Parisien. Un séducteur. Le témoin d’une autre époque.

Laurent Ruquier a également mis en avant ses qualités rédactionnelles et de réflexion. A L’Obs, Pierre Bénichou a en effet signé “de nombreuses nécrologies brillantissimes“. Bien qu’il arrivât toujours après tout le monde, il se démarquait avec un angle juste ou un meilleur titre. Il savait également “jongler avec les mots“. “C’est d’ailleurs lui qui a composé pour Coluche les paroles de sa célèbre chanson Misère, misère… Pour Coluche, Pierre était un fournisseur de bons mots et de vannes, tout en étant un journaliste réputé sérieux ! Ce ne sont finalement que les vingt dernières années que les Français ont découvert en lui l’humoriste“, a ajouté le présentateur d’On n’est couché.

Sa rencontre avec Pierre Bénichou et son regret

Leur première rencontre, Laurent Ruquier s’en souvient comme si c’était hier. C’était au Castel, un emblématique club parisien où Pierre Bénichou a eu ses habitudes, il y a vingt-cinq ans. Christine Bravo les a présentés l’un à l’autre… à sa manière : “J’arrivais de province, je venais de m’installer à Paris, je ne connaissais pas Pierre Bénichou ! Et Christine Bravo nous a présentés, elle m’a dit : ‘Voilà Georges-Marc Bénamou [NDLR : journaliste également], le patron du Nouvel Observateur.’ Il est parti dans une fausse colère, noire, drôle !

Dans cet établissement phare des nuits parisiennes, il faisait rire tout le monde et “tout le métier le connaissait“. Laurent Ruquier a donc regretté de ne pas lui avoir proposé de travailler avec lui plus tôt : “Je n’avais pas osé le solliciter et je l’ai regretté, quand, à la fin des années 1990, je l’ai entendu dans l’émission de Laurence Boccolini sur France Inter, puis aux Grosses Têtes de Philippe Bouvard… Alors, je lui ai téléphoné. Nous nous sommes retrouvés à la Brasserie Lipp, autre endroit qu’il aimait, avec Claude Sarraute, et je lui ai proposé de rejoindre mes émissions, sur Europe 1 puis France 2, On a tout essayé [à partir de 2000, NDLR]. On ne s’est plus jamais quittés.

Laurent Ruquier se souvient d’un homme “caractériel et drôle” qui était l’une de ses meilleures Grosse Têtes. “Jusqu’au confinement, il participait à l’émission deux fois par semaine. Des problèmes de santé l’avaient obligé à s’absenter, mais il était revenu à la rentrée dernière en meilleure forme. Hier encore [lundi, NDLR], il a échangé avec le programmateur des Grosses Têtes. Mercredi, nous lui rendrons un hommage dans l’émission, non pas à sa mesure, mais à sa démesure“, a-t-il conclu.