Municipales en Grèce: la droite en position de force face à la gauche de Tsipras

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La Grèce retourne aux urnes dimanche pour élire ses maires et gouverneurs, une seconde épreuve pour la gauche au pouvoir d’Alexis Tsipras, juste une semaine après sa défaite aux Européennes du 26 mai.

Les conservateurs de Nouvelle-Démocratie (ND) ont rassemblé 33,12% des voix aux Européennes en Grèce, en avance de plus de 9 points face au parti Syriza du Premier ministre.

Cette défaite d’une ampleur inattendue a poussé Alexis Tsipras à annoncer des élections législatives anticipées le 7 juillet, trois mois plus tôt que prévu.

Au premier tour des régionales et des municipales, le 26 mai, la ND a gagné cinq régions dans le nord et le centre du pays contre une seule remportée par la gauche, l’île de Crète (sud).

Et compte-tenu de ses scores, la ND devrait remporter la majorité des treize régions du pays, selon des analystes.

Parmi les enjeux clés dimanche figurent l’Attique, la plus grande région du pays, mais aussi les mairies des deux premières villes du pays, Athènes et Thessalonique (nord), qui devraient revenir aux conservateurs.

– Mairie d’Athènes –

Costas Bakoyannis, ancien gouverneur du Centre de la Grèce, devrait remporter la mairie d’Athènes, jusqu’ici tenue par un maire de gauche, après son score de 42% au premier tour, devançant de plus de 25 points son rival de gauche Nassos Iliopoulos.

Appartenant à la troisième génération d’une famille politique grecque de droite, Costas Bakoyannis est le fils de Dora Bakoyannis, première femme élue maire d’Athènes en 2003.

Il est aussi le neveu du leader national de la ND, Kyriakos Mitsotakis, principal rival d’Alexis Tsipras pour les prochaines législatives.

Pour la région d’Attique, qui entoure la capitale, le conservateur Yiorgos Patoulis, ancien maire dans la banlieue du nord d’Athènes, est en bonne position de l’emporter: au premier tour, il a rassemblé 37,6% des voix contre 19,7% à sa rivale sortante Rena Dourou, soutenue par le Syriza.

Dans la région de Thessalonique, l’ancien gouverneur conservateur Apostolos Tzitzikostas a été réélu dès le premier tour (62%).

Sa victoire écrasante est imputée à la résurgence des passions nationalistes après l’accord récent sur le nouveau nom de la Macédoine du Nord.

La ND s’y était opposée en attirant de nombreux électeurs originaires en particulier de la région grecque de Macédoine qui soutiennent que ce nom n’appartient qu’à l’héritage culturel hellène.

A la mairie de Thessalonique, où les candidats de gauche ont été éliminés dès le premier tour, on assiste dimanche à un duel de deux candidats de droite, Nikolaos Tachiaos (ND) et Konstantinos Zervas (indépendant).

Bastions habituels des conservateurs, Athènes et Thessalonique avaient rompu avec cette tradition en 2010 et 2014 en élisant des maires du centre-gauche, Giorgos Kaminis et Yannis Boutaris respectivement. C’était l’époque de la contestation des grands partis tenus alors responsables de la crise.

Outre les manifestations violentes de l’époque, ces deux maires avaient géré la montée des néonazis d’Aube dorée et l’arrivée de centaines de milliers de réfugiés en Grèce en 2015.

La défaite de Tsipras aux Européennes intervient après quatre années au pouvoir, une période pendant laquelle le gouvernement a mis en place une politique d’austérité dictée par les créanciers, UE et FMI. Toutefois, le niveau élevé des taxes a perduré, ainsi que le chômage, à 18%, le plus élevé de la zone euro.