Municipales en Grèce: la droite veut encore se renforcer face à la gauche de Tsipras

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Les Grecs sont retournés aux urnes dimanche pour élire leurs maires et gouverneurs, l’opposition de droite étant en position de remporter la majorité des régions face à la gauche d’Alexis Tsipras, cinq semaines avant les législatives du 7 juillet.

Les bureaux de vote à travers le pays ont ouvert à 04H00 GMT et doivent fermer 16H00 GMT. Les premiers résultats partiels concernant les plus grandes mairies du pays, Athènes et Théssalonique seront publiés avant 19H00 GMT, selon des analystes.

Dimanche dernier, après sa défaite au Européennes, Alexis Tsipras, Premier ministre et chef de la gauche Syriza, a annoncé des élections législatives anticipées le 7 juillet, trois mois plus tôt que prévu.

Les conservateurs de Nouvelle-Démocratie (ND) dirigé par Kyriakos Mitsotakis, ont rassemblé 33,12% des voix, en avance de plus de 9 points face au Syriza.

Au premier tour des régionales et des municipales qui avaient coïncidé avec les Européennes du 26 mai, la ND a gagné cinq régions dans le nord et le centre du pays contre une seule remportée par la gauche, l’île de Crète (sud).

Et compte tenu de ses scores, la ND devrait remporter la majorité des treize régions du pays, selon des analystes.

“L’espoir revient, c’est la vengeance (…) contre le populisme d'(Alexis) Tsipras”, titrait à la une le journal dominical d’opposition To Vima.

De son côté, Alexis Tsipras a dit que “les choix de ce dimanche sont cruciaux” et a appelé les citoyens “à voter pour les maires progressistes” lors d’une déclaration aux médias après avoir voté à Kypseli, quartier populaire d’Athènes.

Parmi les enjeux clés de ce dimanche figurent l’Attique, la plus grande région du pays, mais aussi les mairies des deux premières villes du pays, Athènes et Thessalonique (nord), qui devraient revenir aux conservateurs.

– Mairie d’Athènes –

Costas Bakoyannis, ancien gouverneur du Centre de la Grèce, devrait remporter la mairie d’Athènes, jusqu’ici tenue par un maire de gauche, après son score de 42% au premier tour, devançant de plus de 25 points son rival de gauche Nassos Iliopoulos.

Appartenant à la troisième génération d’une famille politique grecque de droite, Costas Bakoyannis est le fils de Dora Bakoyannis, première femme élue maire d’Athènes en 2003.

Il est aussi le neveu du leader national de la ND, Kyriakos Mitsotakis, principal rival d’Alexis Tsipras pour les prochaines législatives.

Pour la région d’Attique, qui entoure la capitale, le conservateur Yiorgos Patoulis, ancien maire dans la banlieue du nord d’Athènes, est en bonne position pour l’emporter: au premier tour, il a rassemblé 37,6% des voix contre 19,7% à sa rivale sortante Rena Dourou, soutenue par le Syriza.

Dans la région de Thessalonique, l’ancien gouverneur conservateur Apostolos Tzitzikostas a été réélu dès le premier tour (62%).

Sa victoire écrasante est imputée à la résurgence des passions nationalistes après l’accord récent sur le nouveau nom de la Macédoine du Nord.

La ND s’y était opposée en attirant de nombreux électeurs originaires en particulier de la région grecque de Macédoine, qui soutiennent que ce nom n’appartient qu’à l’héritage culturel hellène.

A la mairie de Thessalonique, où les candidats de gauche ont été éliminés dès le premier tour, on assiste dimanche à un duel de deux candidats de droite, Nikolaos Tachiaos (ND) et Konstantinos Zervas (indépendant).

Bastions habituels des conservateurs, Athènes et Thessalonique avaient rompu avec cette tradition en 2010 et 2014 en élisant des maires de centre-gauche, Giorgos Kaminis et Yannis Boutaris respectivement. C’était l’époque de la contestation des grands partis, tenus alors pour responsables de la crise.

La défaite de Tsipras aux Européennes intervient après quatre années au pouvoir, une période pendant laquelle le gouvernement a mis en place une politique d’austérité dictée par les créanciers, UE et FMI. Mais le chômage reste encore à 18%, le plus élevé de la zone euro, et les taxes trop élevés pour les ménages grecs.