Nicolas Maury (Garçon chiffon) : Menaces, insultes… un quotidien violent

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Certes, le cinéma mise tout sur Tenet pour relancer la fréquentation des salles, mais plusieurs films pourraient aussi tirer leur épingle du jeu. Ainsi, plusieurs films français sont prévus au programme, d’Énorme à Parents d’élèves en passant par Garçon chiffon, présenté récemment à Angoulême. Le réalisateur de ce dernier film, Nicolas Maury, en parle dans les pages de Madame Figaro.

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Auprès du magazine, l’acteur et désormais réalisateur, révélé par la série Dix pour cent (France 2), a évoqué plusieurs scènes du film qui n’hésite pas à plonger à coups de flash-back dans l’enfance de son personnage principal. On peut alors voir un petit garçon, rouge sur les lèvres, se déhancher sur du Vanessa Paradis et être moqué par ses cousins. “Bien sûr que dans la cour de l’école de Saint-Yrieix, c’était difficile. Mais même acteur à Paris. Il y a une semaine, je marchais rue de Lappe, deux garçons de 18-20 ans viennent vers moi : ‘Tu baisses ton regard, sale tafiole.’ Dans le métro, une grand-mère qui me crache un truc d’une violence…“, a raconté Nicolas Maury au magazine. Ce n’est pas la première fois qu’il fait part de l’homophobie à laquelle il est confronté quasi quotidiennement et qui suscite chez lui la peur de menaces physiques.

Nicolas Maury a poursuivi ses confidences en relatant les coulisses de son confinement, révélant que ses lectures publiques de poèmes d’Emily Dickinson sur Instagram avaient pris une tournure désagréable. Il recevait malheureusement des messages de haine et des menaces. “Les goulags, c’est dommage que pour les pédés comme toi, ça n’existe plus. On sait où t’habites, on va venir“, a-t-il pu lire… S’il refuse le statut de victime tout comme celui de porte-parole, il reconnaît toutefois que son travail artistique est influencé par sa vie d’homosexuel. “En revanche, c’est vrai, j’ai fait Garçon chiffon aussi pour ça. Parce que, quand on me parle d’Hervé [son personnage dans Dix pour cent, NDLR], des jeunes me disent : ‘Voilà, j’ai 18 ans, je m’appelle Thomas, mon père adore le personnage d’Hervé et, du coup, il a compris pour moi.’ Ça crée un lien dans les familles. Les fictions donnent l’occasion de se parler. J’espère que mon film va permettre le dialogue. Pas seulement sur l’homosexualité, mais aussi sur la possibilité d’être soi“, a-t-il ajouté.