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Nom de la Macédoine : Grecs et Macédoniens retiennent leur souffle

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Nom de la Macédoine : Grecs et Macédoniens retiennent leur souffle

Grecs et Macédoniens s’affichaient mardi sur le point de solder leur dispute, vieille de plus d’un quart de siècle, sur le nom de la Macédoine, un règlement qui débloquerait l’ancrage de ce petit État ex-yougoslave à l’UE et à l’Otan.

Peaufiné depuis des semaines, le scénario prévoit qu’un accord pour rebaptiser ce pays soit scellé au cours d’une conversation téléphonique dans la journée entre les deux Premiers ministres, le Grec Alexis Tsipras et le Macédonien Zoran Zaev.

“Nous allons continuer notre conversation et, s’il y a un accord, nous en informerons le public”, a déclaré dans la matinée M. Zaev, en marge d’un forum économique à Skopje, la capitale macédonienne. Il a appelé tous les partis politiques à soutenir un éventuel règlement.

“Je crois que nous conclurons demain”, avait pour sa part déclaré lundi soir le ministre grec des Affaires Étrangères, Nikos Kotzias, à la man?uvre depuis six mois pour négocier un règlement avec son homologue Nikola Dimitrov.

Prévu pour la matinée, selon un communiqué diffusé lundi par le bureau de M. Tsipras après une première conversation avec M. Zaev, l’échange a toutefois été renvoyé à plus tard dans l’après-midi, selon des sources gouvernementales des deux parties.

– Plus beaucoup de temps –

Les pourparlers bilatéraux ont été relancés après l’arrivée au pouvoir du social-démocrate Zaev, qui a succédé au nationaliste Nikola Gruevski.

L’enjeu d’un règlement pour la Macédoine est de décrocher un feu vert au sommet européen de fin juin pour entamer des négociations d?adhésion avec l’UE et une invitation à rallier l’Otan au sommet de l’Alliance des 11 et 12 juillet.

Athènes fait dépendre de telles avancées d’un règlement prévoyant que cette ex-République yougoslave ajoute un déterminant à son appellation de Macédoine et révise sa Constitution pour garantir que ce nom soit utilisé tant à l’international qu’au plan intérieur.

“Si la discussion est conclue” mardi, “nous aurons aussi déterminé le choix du nom”, a déclaré lundi soir M. Kotzias selon lequel il reste à Skopje à arbitrer entre les noms Macédoine du Nord, Haute-Macédoine et Nouvelle-Macédoine.

Vu d’Athènes, ce baptême doit sonner le glas de toute revendication de la part de cet État voisin de l’héritage du conquérant macédonien Alexandre le Grand, dont la Grèce se prévaut de l’exclusivité. Il doit surtout consacrer l’absence de toute visée territoriale de sa part sur la province grecque frontalière de Macédoine.

Mais de chaque côté de la frontière, ce compromis est combattu par les franges nationalistes.

– Broncas nationalistes –

Les pourparlers bilatéraux ont été relancés après l’arrivée au pouvoir du social-démocrate Zaev, qui a succédé au nationaliste Nikola Gruevski.

Au point que selon Nicholas Tzifakis, qui enseigne les relations internationales à l’Université du Péloponnèse, c’est “le débat interne” plus “que les pourparlers bilatéraux” qui sera déterminant.

Proche de la droite nationaliste, le président macédonien, Gjorge Ivanov, a en milieu de journée rejeté la main tendue par M. Zaev.

“Il est irresponsable que la question du nom (…) soit débattue au téléphone entre les Premiers ministres”, s’est-il indigné dans une déclaration écrite, réaffirmant “le besoin d’un consensus national plus large”.

L’allié gouvernemental de M. Tsipras, le souverainiste ministre de la Défense Panos Kammenos, a quant à lui réitéré dans une conférence de presse son opposition à tout partage du nom de Macédoine.

C’est sur cette position jusqu’au-boutiste que la Grèce avait déclenché la bataille, à l’indépendance en 1991 de l’Ancienne République yougoslave de Macédoine (ARYM), obtenant qu’elle ne soit finalement admise que sous cette appellation provisoire à l’ONU en 1993.

Entretemps, 140 pays dont les Etats-Unis et la Russie l’ont reconnue sous le nom de Macédoine et, à l’époque des gouvernements conservateurs de la Nouvelle-Démocratie (2004-2009), la Grèce s’était ainsi décidée à acter la nécessité d’un compromis.

Le projet de règlement prévoit dans tous les cas que la Grèce ne lève ses réserves à une entrée de la Macédoine dans l’Otan qu’à l’issue de tout le processus de ratification.

La bronca de M. Kammenos ne menace pas directement M. Tsipras, qui peut compter dans cette affaire sur le soutien déclaré de l’opposition de centre gauche.

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