Ouganda: la CPI prononce la peine contre le chef rebelle Ongwen

0
18

La Cour pénale internationale (CPI) doit prononcer jeudi la peine infligée à Dominic Ongwen, enfant soldat ougandais devenu un commandant de la brutale rébellion de l’Armée de résistance du Seigneur (LRA), jugé coupable de crimes de guerre et crimes contre l’humanité.

Dominic Ongwen, 45 ans, encourt la prison à perpétuité après avoir été reconnu coupable en février de 61 chefs d’accusation, dont celui de grossesse forcée, qui n’avait jusqu’à présent jamais été prononcé par la CPI, basée à La Haye.

Il a aussi notamment été jugé coupable de meurtre, viol, esclavage sexuel et conscription d’enfants soldats.

Selon le tribunal, M. Ongwen a ordonné au début des années 2000 des attaques contre des camps de réfugiés, alors qu’il était l’un des commandants de la LRA, un groupe armé dirigé par le fugitif Joseph Kony, qui a mené une guerre brutale en Ouganda et dans trois pays voisins afin d’établir un Etat basé sur les dix commandements de la Bible.

Estimant que l’histoire de M. Ongwen, lui-même enlevé par le groupe rebelle à l’âge d’environ neuf ans, justifiait une peine inférieure, l’accusation a cependant requis une peine de 20 ans de prison.

“C’est une circonstance qui distingue cette affaire de toutes les autres jugées par ce tribunal”, a déclaré Colin Black, membre de l’accusation, lors d’une audience devant la CPI en avril.

Après avoir plaidé l’acquittement lors du procès, soulignant qu’il avait lui-même été victime de la brutalité du groupe rebelle, la défense a demandé, lors d’une audience de détermination de la peine, postérieure au verdict de culpabilité, une peine de 10 ans de prison pour l’ancien enfant soldat, surnommé la “fourmi blanche”.

Les victimes, elles, réclament une peine de réclusion à perpétuité.

– “Adulte responsable” –

M. Ongwen a nié l’ensemble des accusations “au nom de Dieu”. Il a déclaré devant la CPI que la LRA l’avait forcé à manger des haricots imbibés du sang des premières personnes qu’il avait été obligé de tuer en guise d’initiation, après avoir été enlevé.

“Je suis devant ce tribunal international avec tant d’accusations, et pourtant je suis la première victime d’enlèvement d’enfants”, a-t-il dit lors de son procès.

“Ce qui m’est arrivé, je ne crois même pas que cela soit arrivé à Jésus-Christ”, a-t-il ajouté.

En le jugeant coupable, les juges de la CPI ont reconnu que M. Ongwen avait lui-même beaucoup souffert mais ont estimé que ses crimes avaient été commis “en tant qu’adulte responsable et commandant de l’Armée de résistance du Seigneur”.

Selon l’ONU, la LRA a massacré plus de 100.000 personnes et enlevé 60.000 enfants lors de violences qui se sont étendues au Soudan, à la République démocratique du Congo et à la République centrafricaine.

M. Ongwen, qui s’est rendu en 2015, est le premier commandant de la LRA à être jugé par la CPI. Le fondateur du groupe, Joseph Kony, est considéré comme toujours en fuite et fait l’objet d’un mandat d’arrêt de la Cour.

© 2021 AFP. Tous droits de reproduction et de représentation réservés. Toutes les informations reproduites dans cette rubrique (dépêches, photos, logos) sont protégées par des droits de propriété intellectuelle détenus par l’AFP. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, rediffusée, traduite, exploitée commercialement ou réutilisée de quelque manière que ce soit sans l’accord préalable écrit de l’AFP.