Pacte sur les migrations : en Belgique, la coalition gouvernementale divisée

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Le Premier ministre belge a proposé samedi de remplacer les ministres nationalistes flamands de la N-VA au sein du gouvernement après un ultimatum de ce parti qui s’oppose à ce que la Belgique approuve le Pacte de l’ONU sur les migrations.

Le Pacte de l’ONU sur les migrations crée des remous en Belgique. Le Premier ministre belge Charles Michel a proposé, samedi 8 décembre dans la soirée, de remplacer les ministres nationalistes flamands de la N-VA au sein du gouvernement. Il répondait à un ultimatum lancé par ce parti qui s’oppose à ce que la Belgique approuve ce Pacte.

“Je prends (…) acte ce soir que la N-VA quitte la majorité” et “je vais (…) proposer que deux secrétaires d’Etat remplacent les trois ministres N-VA afin de garantir la continuité et le bon fonctionnement de nos institutions”, a déclaré Charles Michel.

“Si on accepte d’être mis à l’écart (…) on ne va plus jamais tenir compte de notre position. Si on n’a plus de voix dans ce gouvernement (…) ça ne sert à rien de continuer”, a de son côté lancé samedi soir le président de la N-VA, Bart De Wever, lors d’une conférence de presse.

Si le Premier ministre Charles Michel part dimanche au Maroc pour approuver ce Pacte, il “décollera comme Premier ministre de la suédoise (le nom donné à la coalition actuelle, ndlr) et atterrira comme Premier ministre de la coalition Marrakech”, a prévenu M. De Wever, laissant ainsi planer l’hypothèse d’un gouvernement sans N-VA.

Non contraignant, le pacte de l’ONU recense des principes – défense des droits de l’homme, des enfants, reconnaissance de la souveraineté nationale – et une vingtaine de propositions pour aider les pays à faire face aux migrations. Il doit être approuvé lundi et mardi par les pays de l’ONU avant d’être ratifié à l’occasion d’un vote à New York le 19 décembre à l’Assemblée générale des Nations Unies.

“Je prendrai (…) l’avion demain comme chef de gouvernement d’une coalition responsable (et) je mènerai bien sûr dès mon retour des consultations avec le Parlement”, a répondu le Premier ministre.

Crise politique

Les deux conférences de presse de M. De Wever et de M. Michel font suite à un conseil des ministres extraordinaire à Bruxelles, destiné, sans succès, à trouver une issue à cette crise politique.

La N-VA est le seul des quatre partis de la coalition gouvernementale à être opposé à ce Pacte. La crise, qui était latente depuis plusieurs semaines, avait éclaté mardi soir, quand Charles Michel avait annoncé son intention de se tourner vers le Parlement, faute d’unanimité au sein du gouvernement en faveur du pacte.

Il en allait de la “crédibilité” de la Belgique au plan international, avait expliqué le Premier ministre belge, qui avait lui-même défendu ce texte à la tribune de l’ONU fin septembre.

Après deux jours de débats houleux à la Chambre des députés, une large majorité droite/gauche – isolant la N-VA au côté du parti anti-immigration Vlaams Belang – s’est dégagée jeudi pour voter une résolution demandant au gouvernement de soutenir le pacte.

Le gouvernement a souvent tangué depuis quatre ans en raison des prises de positions jugées radicales de la N-VA sur le dossier de la migration. Mais jamais au point de chavirer.

Le pacte avait d’abord fait l’objet d’un consensus gouvernemental cet été, avant que la N-VA ne change d’avis fin octobre dans le sillage des critiques exprimées par le chancelier autrichien Sebastian Kurz. Plusieurs pays de l’Union européenne, surtout dans l’est de l’Europe, ont déjà décidé de s’y opposer.

Avec AFP

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