Pagaille dans le trafic SNCF après un droit de retrait des conducteurs et contrôleurs

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A la veille des vacances scolaires, le trafic SNCF était très perturbé vendredi sur le réseau TER et certaines lignes franciliennes, des conducteurs et contrôleurs faisant valoir leur droit de retrait après un accident ayant fait mercredi plusieurs blessés, dont un conducteur de train.

Une réunion s’est tenue dans la matinée entre la direction et la CGT qui réclame la présence obligatoire d’un contrôleur par train alors que le conducteur accidenté était le seul agent SNCF à bord de son TER, qui circulait en Champagne-Ardenne.

“Cette grève sans préavis est totalement irrégulière”, a souligné lors d’une conférence de presse le directeur de la branche TER Franck Lacroix, appelant à “la reprise du service normal”.

La SNCF a annoncé une “concertation dans chaque région” dès vendredi matin au sujet des questions de sécurité, doublée d’une concertation nationale à 17H00 et de la tenue à 15H30 du “groupe de travail sur la sécurité” pour “examiner au plus haut niveau ces questions”.

A 13H00, la SNCF assurait qu'”un TER sur deux circulait” avec “de fortes disparités selon les régions”: en Occitanie, Nouvelle-Aquitaine et Pays de la Loire notamment, la situation était “très perturbée”.

Plus tôt dans la matinée, le secrétaire d’État aux Transports Jean-Baptiste Djebbari indiquait sur BFMTV que le trafic était “très perturbé en régions” avec “25% des TER” environ et même “quasiment aucun train” en Occitanie.

Dans les principales gares, comme à Toulouse-Matabiau, des agents d’assistance SNCF vêtus d’gilet rouge étaient déployés pour orienter des usagers parfois en colère.

“On ne nous prévient de rien, ni sur l’application ni sur internet, je l’ai découvert en arrivant ici”, fulminait Saïf, 28 ans, contraint d’envoyer un message en urgence à son patron. Son train pour Labège, près de Toulouse, où il devait se rendre pour une réunion de travail, a été annulé.

En région parisienne, la circulation des RER B et D était très fortement perturbée, de même que celle des Transilien J et R.

“Ce matin le service SNCF n’est pas assuré sur plusieurs lignes franciliennes”, a lancé sur Twitter la présidente de la région Île-de-France Valérie Pécresse, avertissant qu'”il ne serait donc pas payé par IDF Mobilités”, le syndicat des transports d’Île de France, et déplorant que le mouvement social “plonge dans la détresse des centaines de milliers de voyageurs”.

Cet arrêt de travail sans préavis fait suite à un accident mercredi en Champagne-Ardenne, où un TER avait percuté un convoi routier exceptionnel coincé sur un passage à niveau, faisant plusieurs blessés dont le conducteur du train, selon une porte-parole de la SNCF.

La préfecture des Ardennes indique qu’il y a eu “onze blessés”, dont certains hospitalisés.

Pour Franck Lacroix, “en aucun cas les voyageurs n’ont été mis en danger” et “rien ne justifie un arrêt sans préavis du travail”.

– “On a évité un drame” –

Des agents de conduite et contrôleurs ont fait valoir leur droit de retrait dès jeudi et plus encore vendredi matin à la prise de service. Le conducteur, blessé et choqué, “a dû porter secours aux passagers car c’était le seul agent SNCF à bord!”, a déploré dans un communiqué SUD-Rail.

Ce syndicat, ainsi que la CGT-Cheminots, FO-Cheminots et la Fgaac-CFDT, contestent le mode d’exploitation “équipement agent seul”, qui permet de faire circuler des trains sans contrôleur, évoquant des risques de sécurité pour les voyageurs, alors que selon la direction “il existe depuis des dizaines d’années”.

De son côté, le secrétaire d’État aux Transports a déploré une “grève surprise (…) hors du cadre légal”.

Il n’est “pas normal de prendre les usagers à témoin d’une prise de position syndicale sur un dispositif qu’ils contestent”, a estimé Jean-Baptiste Djebbari. “Les trois quarts des TER sont exploités seuls à bord”, a fait valoir le secrétaire d’État qui y voit “une mesure de conduite homologuée” pratiquée “partout en Europe”.

“Le droit de retrait, c’est un droit des travailleurs pour dire: +attention il se passe quelque chose de grave+”, a défendu le secrétaire général de la CGT Philippe Martinez, interrogé sur Europe 1. “On a évité un drame parce qu’il y a un conducteur consciencieux, attaché au service public ferroviaire, qui a bossé. Mais on ne peut pas continuer comme ça”, a-t-il prévenu.

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