Paris-Nice: Cort Nielsen gagne en attendant le chrono

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Une échappée est allée au bout dans Paris-Nice, mercredi, à Pélussin (Loire), où le Danois Magnus Cort Nielsen a gagné la 4e étape à la veille du seul “chrono” de la course désormais menée par le Polonais Michal Kwiatkowski.

Premières vraies côtes et première échappée victorieuse: le peloton a échoué à reprendre les quatre derniers rescapés d’un groupe de 13 coureurs formé peu après le départ. “Une échappée de costauds”, de l’avis de Tony Gallopin, le premier Français au classement général (6e) qui pointe à 15 secondes de Kwiatkowski.

Le Polonais, champion du monde en 2014, a endossé le maillot jaune avec une avance de 5 secondes sur l’Espagnol Luis Leon Sanchez, sans doute son plus grand rival à brève échéance. En attendant que la course s’attaque à la montagne, samedi, dans l’arrière-pays niçois.

Pour Kwiatkowski et Sanchez, avantagés par le contre-la-montre de Barbentane (Bouches-du-Rhône) tout comme le Luxembourgeois Bob Jungels, l’objectif est de distancer les grimpeurs qui auront en leur faveur les deux dernières étapes, notamment le col du Turini et ses 15 kilomètres de longueur.

“Je pense pouvoir gagner le chrono”, annonce Kwiatkowski, omniprésent depuis le départ de l’épreuve. Le Polonais explique être venu en leader, en réalité coleader de l’équipe Sky avec le grimpeur colombien Egan Bernal, lui aussi prodigue de ses efforts depuis le début de la semaine.

– Kwiatkowski en rouleur –

“Je voulais déjà gagner Paris-Nice en 2015 et finalement j’ai fait deuxième” (derrière Richie Porte), rappelle “Kwiat”, qui avait perdu le maillot jaune dans l’avant-dernière étape. A l’époque, le Polonais n’avait pas encore rejoint la puissante formation Sky mais figurait déjà parmi les tout meilleurs rouleurs sur les courtes et moyennes distances.

Sur 25,5 kilomètres d’une boucle tracée au sud de Barbentane, à la limite triangulaire des Bouches-du-Rhône, du Gard et du Vaucluse, les écarts risquent d’être conséquents sur une distance comparable à celle du contre-la-montre du prochain Tour de France. “Le parcours est rapide, avec une seule côte à l’abbaye de saint-Michel-de-Frigolet”, avertit le directeur de course Fraçois Lemarchand.

A ce titre, Romain Bardet passera un premier test. Le Français, qui s’est bien sorti des embûches des premières journées de Paris-Nice, a changé de matériel par rapport à l’année passée. “J’ai amélioré ma position, j’ai hâte de voir en compétition”, dit le grimpeur auvergnat, qui n’entend pas pour autant tirer d’enseignements définitifs de son premier chrono de l’année.

Avant le rendez-vous, l’équipe Astana a signé son 16e succès de la saison, mais le premier pour Cort Nielsen, l’un de ses hommes de base. A 26 ans, le Danois construit un palmarès basé jusqu’à présent sur les courses par étapes (deux étapes de la Vuelta 2016, une du Tour de France 2018).

Le barbu né sur une île de la mer Baltique sait comment gagner. Présumé le plus rapide du groupe de quatre coureurs qui s’est présenté pour la victoire à Pélussin (212 km), il a surpris ses compagnons en démarrant sous la flamme rouge du dernier kilomètre. Pour quelle raison tactique? La réponse a fusé: “ça s’est fait à l’instinct.”