Pas de Jeux olympiques de Tokyo si la pandémie n’est pas maîtrisée en 2021

0
71

Qu’adviendra-t-il des Jeux olympiques de Tokyo si la pandémie de coronavirus n’est pas maîtrisée d’ici un an? Ils ne pourront pas être reportés une nouvelle fois et seront donc annulés, a répondu mardi le patron du comité d’organisation Yoshiro Mori.

Fin mars, le Comité international olympique (CIO) avait pris la décision historique d’un report des Jeux – qui devaient initialement s’ouvrir le 24 juillet 2020 – à la suite d’inquiétudes et de pressions grandissantes de la part d’athlètes et de fédérations sportives face à la crise sanitaire mondiale.

Les Jeux de Tokyo doivent à présent se tenir du 23 juillet au 8 août 2021 et les Jeux paralympiques du 24 août au 5 septembre 2021.

Mais si la pandémie est toujours en cours l’été prochain “alors il faudra annuler” les Jeux, a déclaré mardi M. Mori dans une interview accordée au quotidien sportif Nikkan, expliquant qu’il serait impossible de les reporter une nouvelle fois.

Interrogé sur la perspective d’un nouveau report jusqu’en 2022 si la pandémie n’était toujours pas sous contrôle à l’été 2021, le président du comité d’organisation s’est montré catégorique, repoussant cette possibilité.

M. Mori avait déjà souligné jeudi dernier que, “en pensant tant aux athlètes qu’aux problèmes engendrés pour l’organisation, il est techniquement difficile de reporter de deux ans” la compétition.

Mi-avril, le patron du CIO Thomas Bach avait lui-même expliqué que les Jeux Olympiques ne pourraient pas être repoussés au-delà de l’été 2021.

“Il n’y a pas de plan de report, mais je suis très confiant que toutes les parties se réuniront et nous donneront de merveilleux Jeux”, avait affirmé M. Bach dans un entretien au quotidien allemand Die Welt.

– “Ennemi invisible” –

Tout en rappelant que les JO n’ont été, jusqu’ici, annulés qu’en période de guerre, Yoshiro Mori a comparé la lutte contre le Covid-19 à “une bataille contre un ennemi invisible”.

“Nous organiserons les Jeux en paix l’année prochaine”, si le virus est contenu, a répété M. Mori, “c’est le pari fait par l’humanité”.

Lors d’un point presse mardi, le président de l’association médicale du Japon, Yoshitake Yokokura, a estimé de son côté que la bonne tenue des Jeux serait “excessivement difficile” si aucun vaccin n’était disponible à cette date.

“Je ne dis pas qu’ils ne devraient pas avoir lieu mais ce serait excessivement difficile”, a-t-il déclaré.

– Un infectiologue “pessimiste” –

Un point de vue déjà exprimé le 20 mars par le spécialiste des maladies infectieuses de l’université de Kobe (ouest), Kentaro Iwata, qui se disait alors “pessimiste”.

“Honnêtement, je ne pense pas qu’il soit probable que les Jeux olympiques aient lieu l’année prochaine”, avait-il déclaré devant la presse.

Après avoir assuré pendant plusieurs semaines que les Jeux de Tokyo se tiendraient en temps et en heure, le Japon et le Comité international olympique (CIO) s’étaient résolus fin mars à reporter d’un an les JO, sous la pression des athlètes et des associations sportives de différents pays.

Si les organisateurs veulent en faire un symbole de la résilience du monde face à la pandémie, la question d’un report plus long a commencé à être soulevée. En début de semaine, un infectiologue japonais, critique de la manière dont le pays gère l’épidémie, s’est ainsi dit “pessimiste” quant à la tenue des Jeux en 2021.

Le report des Jeux représente un immense défi logistique pour les organisateurs et devrait entraîner d’importants coûts supplémentaires, dont la répartition entre le comité d’organisation et le CIO n’a pas encore été décidée.

En raison de la pandémie de coronavirus, l’Euro de foot et la Copa America, prévus en 2020, ont aussi été reportés en 2021 (11 juin-11 juillet).

© 2020 AFP. Tous droits de reproduction et de représentation réservés. Toutes les informations reproduites dans cette rubrique (dépêches, photos, logos) sont protégées par des droits de propriété intellectuelle détenus par l’AFP. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, rediffusée, traduite, exploitée commercialement ou réutilisée de quelque manière que ce soit sans l’accord préalable écrit de l’AFP.